Nadia Chahed
27 Avril 2018•Mise à jour: 27 Avril 2018
AA/Micomeseng/Fabien Essiane
Depuis le boum pétrolier des années 2000 en Guinée Equatoriale, le pays s’est radicalement transformé. L’extrême pauvreté dans laquelle il était plongé jusque-là a été reléguée au second rang.
Le correspondant de Anadolu a sillonné le pays du nord au sud, d’Ebebiyin (capitale de la province du Kye-Ntem) à Sipopo (Ville paradisiaque inaugurée en 2011 à proximité de Malabo avec ses 52 villas présidentielles), et revient, pour nous, sur les spécificités du pays.
- Série 6/14-
Les vastes étendues sauvages, qui convergent vers le parc et les réserves privées de la province de Kié-Ntem, suscitent l’intérêt des voyageurs. C’est après avoir traversé les sinistres plaines, qui annoncent les prémices du paysage rural, que ces derniers se retrouvent dans la ville de Micomeseng, cité du cacao et du café.
Micomeseng occupe un territoire qui s’étend sur environ 10 km du sud vers le nord, sur une largeur de plus de 30 km. Au nord et au sud, la ville est bordée par les rivières. Le climat est équatorial avec des précipitations plus importantes dans le sud que dans le nord, diminuant également d’ouest en est. En septembre les températures dépassent souvent les 40°.
Au fil des années, les équato-guinéens en ont fait l’un des plus beaux lieux du pays, facile d’accès, économiquement viable, très bien entretenu, et réglé comme du papier à musique. De fait, les touristes préfèrent parfois les réserves privées voisines, plus authentiques et qui offrent ainsi la garantie d’admirer des fauves de près en moins de 24 heures.
Néanmoins, si l’on dispose de quelques jours et d’une voiture, indispensable pour parcourir à sa guise les pistes, il sera alors possible de s’arrêter près d’un point d’eau et pique-niquer, découvrir différents écosystèmes, savourer la simple ivresse provoquée par la vue d’un animal traversant devant votre véhicule ou encore, apprécier, le soir venu, l’ambiance dans les camps, mélange de ferveur populaire et de scoutisme suranné.
Aujourd’hui, les autochtones forment une communauté riche et cohérente, religieusement stable, qui cohabite paisiblement depuis plusieurs années. Quelques grandes familles locales ont fondé leur puissance sur le cacao. Elles sont presque toutes d’origine fang, à l’exception notable de quelques Combés.
Sima Andrés, âgé de 87 ans, sirote du vin de raphia assis dans sa véranda. En son temps, il était un haut commis et un grand agriculteur. Son histoire va de pair avec celle de la ville de Micomesseng.
L’installation de sa famille dans la cité remonte à 1874 avec l’arrivée de son grand-père qui s’était établi ici dans des conditions difficiles, sans un sou en poche.
Sima a vu grandir la ville et fait partie des réformateurs de celle-ci : « j'ai vécu la transformation de Micomeseng. Ce n'était qu'un petit hameau de quelques habitants il y a une cinquantaine d’années », raconte-t-il à Anadolu. Aujourd’hui, il y vit comme un prince, entouré de sa famille.