Mohamed Safwene Grira
29 Novembre 2016•Mise à jour: 29 Novembre 2016
AA/ Bujumbura/ Yvan Rukundo/ Jean Bosco Nzosaba
Le Rwanda est derrière la tentative d'assassinat qui a visé, lundi, un conseiller du président burundais, a accusé, mardi, le ministère burundais de la sécurité publique.
Kigali qui s'est toujours défendu contre toute ingérence dans la crise burundaise, n'a pas réagi officiellement à cette nouvelle accusation, jusqu'à 14H GMT.
"C’est la troisième fois que [le conseiller principal en communication du président burundais] Willy Nyamitwe échappe à une tentative d’assassinat en l'espace de quelques jours. Selon les informations dont nous disposons, le Rwanda est derrière ce projet de déstabiliser l’administration burundaise à travers ces assassinats", a déclaré mardi dans une conférence de presse à Bujumbura, le porte-parole du ministère burundais de la sécurité publique, Pierre Nkurikiye.
Des militaires rwandais à l’œuvre ont des relais au Burundi, a précisé l'officier burundais qui a annoncé des arrestations en cours en rapport avec cette affaire.
Willy Nyamitwe a échappé, lundi soir, à une tentative d’assassinat près de son domicile dans le quartier de Kajaga, dans l’Ouest de Bujumbura. Son garde du corps est mort sur le coup, alors que l'officiel burundais s'en est sorti avec des blessures.
Nyamitwe est considéré parmi les faucons du régime de Pierre Nkurunziza, dont la candidature à un mandat controversé au printemps 2015 a plongé le Burundi dans une grave crise politique et sécuritaire.
Un coup d'Etat raté, en mai 2015, a accentué la dimension sécuritaire de la crise notamment à travers la perpétration d'assassinats ciblés qui ont visé des proches du pouvoir comme des membres de l'opposition.
En tout, la crise a fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 310 000 personnes à fuir le pays, d'après un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), rendu public le 15 novembre.