Emad Matar
10 Octobre 2016•Mise à jour: 11 Octobre 2016
AA/ Addis-Abeba
L’Ethiopie a officiellement accusé l’Egypte, lundi, de tenter de la déstabiliser en soutenant financièrement et en entrainant des éléments terroristes, soutenant détenir des « preuves claires» à ce sujet.
Le porte-parole du gouvernement éthiopien, Getachew Reda, a déclaré, lors d'une conférence de presse à Addis-Abeba, que « le gouvernement détient des preuves que l'Egypte fournit un soutien financier et entraîne des éléments terroristes afin de déstabiliser le pays », sans dévoiler la nature des preuves en question.
Il a ajouté: "les éléments opposés à la paix en Éthiopie reçoivent un soutien financier et une formation au Caire. Et les dirigeants de l'opposition armée se sont déplacés de l'Erythrée à l’Egypte, afin de recevoir les ordres de celle-ci, pour déstabiliser la sécurité nationale éthiopienne".
Addis-Abeba qualifient d’éléments opposés à la paix, les groupes de l’opposition armée, notamment le Front de Libération Oromo, et le mouvement Ginbot 7, qui combattent depuis des années les forces gouvernementales.
« L’Egypte croit qu’elle peut arrêter la construction du barrage de la Renaissance en déstabilisant l’Ethiopie », a souligné le porte-parole.
Il a, par ailleurs, de nouveau accusé le gouvernement érythréen de « soutenir directement les éléments terroristes dans les provinces d'Amhara (nord-ouest) et d’Oromia (sud) ».
« L’Erythrée a envoyé des éléments terroristes dans la ville de Gondar (nord) et dans la région Afar (Est) afin de saper la stabilité de l'Ethiopie », a-t-il ajouté.
Il n’a pas été possible dans l’immédiat d’obtenir un commentaire des parties égyptienne et érythréenne sur les accusations portées contre elles par le gouvernement éthiopien.
L’Egypte a des appréhensions quant à l’impact du barrage en cours de construction par l’Ethiopie sur le Nil. Le Caire craint que sa quote-part annuelle d'eau, de l’ordre de 55,5 milliards de mètres cubes, ne soit réduite.
La télévision d’Etat éthiopienne avait précédemment accusé, mercredi dernier, l’Egypte, de manière inédite, de soutenir le groupe d’opposition armé du «Front de libération Oromo».