Esma Ben Said
10 Décembre 2015•Mise à jour: 11 Décembre 2015
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
L’opposition burundaise s’est dite «satisfaite» des mesures restrictives qu’envisage de prendre l’Union Européenne contre Bujumbura, à la suite de consultations infructueuses portant sur les droits de l'Homme, tenues entre les deux parties à Bruxelles, selon des déclarations recueillies, jeudi, par Anadolu.
L'Union européenne, avait indiqué, mercredi, dans un communiqué final, ne pas avoir reçu assez de garantie quant au respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'État de droit au Burundi et que, pour cette raison, elle «pourrait restreindre sa coopération avec le Burundi et la réduire à la seule aide humanitaire».
«Nous saluons la prise de position de l'UE, particulièrement sa volonté de prendre des mesures appropriées visant à contraindre le président Pierre Nkurunziza à revenir à la table des négociations», a commenté à Anadolu, Jérémie Minani, porte-parole du Conseil National pour le Respect de l'Accord d'Arusha et de l'Etat de Droit au Burundi (Cnared), rassemblant une dizaine de partis de l'opposition, une partie de la société civile et des frondeurs.
«Seules des négociations pourront d’ailleurs aider le Burundi à envisager le respect des éléments essentiels de l'Accord de Cotonou (qui régissent la coopération entre l’UE et les pays de la zone ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) et mettre fin au chaos engendré par le 3e mandat anticonstitutionnel de Nkurunziza», a-t-il estimé.
«Bujumbura a choisi la voix de l'intransigeance et du mépris envers la Communauté Internationale dans son ensemble et les partenaires bilatéraux et multilatéraux en particulier», analyse-t-il.
«Nous demandons donc à l’UE de prendre des mesures ciblées qui viseront à amener Bujumbura à la table des négociations mais nous nous opposons toutefois aux sanctions qui pourraient affecter, directement, la population», a encore jugé le porte-parole du Cnared.
Charles Nditije,président du parti Union pour le Progrès National (Uprona- opposition), non reconnue par le ministère de l’Intérieur, a lui aussi estimé que l’UE devrait «renforcer les sanctions ciblées, afin de contraindre le Nkurunziza à rectifier le tir et privilégier le dialogue inclusif, seul moyen de sortir de la crise dans laquelle a plongé le pays depuis avril dernier», et qui a fait près de 300 morts, selon des sources sécuritaires et humanitaires.
"Suite à la dégradation de la situation sécuritaire, aux violations des droits de l’homme, certains partenaires dont l’UE, la Belgique ou encore les Pays-Bas, ont opté pour un gel temporaires des aides", rappelle le membre de l’opposition pour qui, seul le dialogue "aura un impact".
De son côté, Bujumbura, avait souligné sa satisfaction à la suite des concertations à Bruxelles, et avait estimé que «la délégation burundaise a donné à l’UE tous les gages de bonne volonté du Gouvernement quant au renforcement de la bonne gouvernance», selon le communiqué final.