AA/Bujumbura/Rénovat Ndabashinze
Un opposant burundais, Abdul Ndayiezye, membre du parti Forces nationales de libération (Fnl), non reconnu par Bujumbura, a été tué, mardi soir, par des hommes armés, dans la capitale burundaise, a appris Anadolu de source locale.
Dans le cimetière de Mpanda, à Bujumbura, l’émotion était vive, mercredi matin. Plusieurs centaines de personnes ont accompagné, Abdul Ndayiezye, à sa dernière demeure en brandissant, dans un silence, des pancartes où l’on peut lire «non au 3e mandat» (du président Pierre Nkurunziza), «non à la violation de la Constitution » etc.
Plusieurs personnes présentes ont accusés les jeunes militants du parti au pouvoir (CNDD-FDD), les "Imbonerakure",d’être derrière cet assassinat.
«Ce sont les jeunes affiliés au parti au pouvoir qui nous ont attaqué avec des grenades, des fusils, pour nous intimider et nous amener à renoncer aux manifestations contre le 3è mandat», confie un jeune musulman rencontré au cimetière.
« Hier (mardi) aux environs de 23 h 30 (locale), nous avons entendu des hommes envahir notre quartier (Butere). D’un coup, des tirs nourris, des lancements des grenades ont suivi», témoigne une femme, dont le domicile, voisin de celui de Ndayizeye, porte des traces des éclats des grenades et des balles.
Arrivé au domicile du défunt, continue-t-elle, ils ont ouvert le feu sur sa maison.
«M.Ndayizeye blessé, a pu sortir de sa maison et les assaillants lui ont lancé une grenade», raconte un autre habitant de Buterere, précisant qu’il a succombé à ses blessures, en cours de route vers l’hôpital.
«Abdul Ndayizeye est mort parce qu’il est de l’opposition et qu’il fournissait quelques fois de la nourriture aux manifestants», ajoute un autre voisin précisant néanmoins, que cette mort ne va pas décourager les manifestants : «Par tous les moyens, nous allons dire non au 3è mandat du président Nkurunziza», conclut-il.
Du côté du pouvoir, Dénis Karera, président de la Ligue des jeunes affiliés au parti présidentiel, joint par Anadolu, ne confirme pas l’assassinat par les "Imbonerakure" mais avoue «que les fautes ne manquent pas» et estime que «la responsabilité pénale est individuelle», appelant dans le même temps les jeunes à ne pas être instrumentalisés par les politiciens mal intentionnés.
Dans la nuit du 23 mai dernier, un autre opposant musulman, Zedi Feruzi, avait été assassiné à son domicile à Ngagara, suscitant l'indignation de la communauté musulmane.
Les manifestations contre le 3ème mandat qui se poursuivent depuis plus d’un mois au Burundi ont fait près de 45 morts, selon un décompte de Anadolu établi auprès de sources sécuritaires et humanitaires.