AA / Addis-Abeba / Ahmed Abdallah
L’éthiopien Tedros Adhanom a été élu, mardi, Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), succédant à la Chinoise Margaret Chan. Il devient ainsi le premier africain élu à la tête de l’OMS.
Adhanom a battu son adversaire, le Britannique, David Nabarro, avec 133 voix parmi 194 voix des pays membres de l’Organisation, relevant des Nations Unies, contre uniquement 50 voix pour le Britannique, rapporte la chaîne de la télévision éthiopienne officielle.
Grâce à cette victoire historique, l’éthiopien est le premier africain investi de diriger l’OMS, pour un mandat de 5 années à partir de juillet prochain.
Adhanom, âgé de 52 ans, a occupé plusieurs postes dans son pays et a été, entre autres, à la tête du ministère éthiopien de la Santé, de 2005 à 2012. Il a travaillé sur le développement de plusieurs programmes de santé en Ethiopie et sur la mise en place d’une stratégie, à long terme, dans le domaine de la santé publique, devenue un modèle, dans plusieurs pays africains.
Durant la même période, Adhanom a brillé autant sur le plan politique qu’académique, exploitant une double approche basée sur son expérience dans les domaines de la santé, de la politique et de la diplomatie.
Il a contribué à la présidence du Fonds Mondial de lutte contre le Sida et au Comité de lutte contre la tuberculose et le paludisme. Il a également occupé le poste de président du Conseil d’administration de gestion du partenariat pour l’éradication du paludisme.
Il a été également président participant au Conseil d’administration pour la santé de la mère et de l’enfant en Ethiopie.
Adhanom dispose également d’un riche parcours professionnel parsemé de réalisations qualifiées par les médias éthiopiens de «sans précédent ». Il a, en effet, créé, lorsqu’il était ministre, 3500 centres sanitaires, 16 mille unités de santé et a participé à l’accroissement des effectifs dans le domaine de la santé, passés de 16 mille 500 à 115 mille.
Le nombre des facultés de médecine est également passé, alors qu’il remplissait son mandat de ministre, de 3 à 33 établissements d’enseignement.
Adhanom a, d’autre part, mis en place un programme généralisant les services sanitaires dans son pays et aidé, dans ce sens, à la formation de 38 mille employés affectés dans toutes les régions de l’Ethiopie.
Il a été le premier ministre à avoir fondé le programme d’assurance sur la santé, ce qui a contribué à la réduction de 75% du taux de mortalité infantile, engendrée par le paludisme, par le sida (70%) et par la tuberculose (64%).
Ses "exploits" ne se sont pas limitées au niveau local mais ont atteint une échelle mondiale. Il a, en effet, publié bon nombre d’articles scientifiques sur le paludisme dans des publications spécialisées comme « La médecine tropicale », « les parasites » et « la science des parasites ».
Il a mené une étude scientifique sur les enfants, habitants près des barrages en Ethiopie, atteints de paludisme, étude publiée dans le Magazine britannique de Santé en 1999. Cette contribution a permis de lui attribuer le prix du « Jeune Chercheur » de l’Association Américaine de la Médecine Tropicale et de l’Hygiène.
Adhanom est également la première personnalité non-américaine à avoir décroché le Prix humanitaire de « Jimmy et Rosalynn Carter » en 2011.
Il a obtenu, en mars 2012, un trophée attribué aux principaux acteurs contribuant au développement de la science, une consécration remise par l’Ecole de Londres de la Santé et la Médecine Tropicale. Il s’agit du plus insigne hommage attribué par l’Ecole.
Entre 2012 et 2016, Adhanom a été nommé ministre des Affaires étrangères en Ethiopie dans le gouvernement de Haile Mariam Dessalegn. C’est son dernier poste occupé avant que sa candidature ne soit présentée pour concourir à la présidence de l’OMS.
Lors du 26ème sommet africain, tenu à Addis-Ababa en janvier 2016, Adhanom a bénéficié de l’approbation du Sommet pour être le seul candidat du continent africain à la présidence de l’Organisation Mondiale de la Santé, basée à Genève.