Lassaad Ben Ahmed
15 Décembre 2019•Mise à jour: 15 Décembre 2019
AA / Bamako / Moussa Bolly
Les assises nationales du Dialogue national inclusif (DNI) ont été lancées par le président Ibrahim Boubacar Kéita en présence des délégués venus de toutes les régions du pays et de la diaspora malienne.
Samedi, Kéita a déclaré que ce dialogue national vise à favoriser une «décrispation de la crise sociopolitique et sécuritaire» que traverse le pays.
Il a souhaité que cette rencontre soit l’opportunité «d’ausculter le pays pour voir quel est son mal, d’où nous vient-il et comment le soigner».
«Ce dialogue était souhaité par tous parce qu’il était impérieux que les Maliens se retrouvent pour trouver des solutions pertinentes aux problèmes qui plombent le développement de notre pays», a souligné, à cette occasion, Sidi Allaye Dicko, un représentant de la région de Mopti (centre).
«Ces assises offrent aux Maliens, unis par les mêmes convictions et le désir de vivre ensemble, une belle opportunité de consolider le ciment de l’unité nationale», a déclaré Abdou Aziz Maïga, un délégué de la région de Gao.
«Les Maliennes et Maliens de tous bords ont ainsi l’occasion de poser les jalons du sursaut national, de converger vers un avenir meilleur et prospère…», a-t-il poursuivi.
«Nous sommes présents à ce dialogue pour faire un plaidoyer en faveur d'une réorganisation systémique de l'environnement de la culture au Mali», a expliqué Alioune Ifra Ndiaye, président de la Fédération nationale des artistes du Mali (Fedama).
Dans son discours d’ouverture, le Chef de l’Etat malien s’est aussi réjoui de la présence de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).
Celle-ci a menacé, un moment, de boycotter le Dialogue national inclusif avant de revenir sur cette décision suite à des «assurances données» par le Gouvernement.
Pour prendre part à ces assises nationales, la CMA avait posé ses conditions et elle a eu des réponses satisfaisantes du Gouvernement.
Elle exigeait, par exemple, que si l’une des résolutions du DNI est favorable à la relecture de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale (APR), il faut créer un cadre propice conforme à l’article 65 dudit accord.
Et l’article 65 de l’APR stipule que «les dispositions du présent Accord et de ses annexes ne peuvent être modifiées qu’avec le consentement express de toutes les parties signataires et après avis du Comité de suivi (CSA)».
Selon les confidences des uns et des autres, la CMA et les partenaires internationaux du Mali (Algérie, France, ONU…), sont tous unanimes sur la nécessité de la relecture de l’accord au regard du retard et des difficultés récurrentes dans sa mise en œuvre.
L’accord de principe ainsi obtenu doit simplement être avalisé par la prochaine réunion du Comité de suivi.
«Nous avons eu nos désaccords. Nous les avons encore. Mais, parce que nous avons tous souci de la paix, de la convivialité, nous avons fait en sorte qu’ils soient là», a déclaré le chef de l’Etat malien en félicitant la CMA pour sa présence.
Par ailleurs, malgré les différentes médiations, l’opposition a boudé ces assises.
«La participation du Front pour la sauvegarde et la démocratie (FSD) au dialogue n’est plus négociable», a annoncé le président de ce front et chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé.
Le regroupement «Anko Mali dron» (une plateforme de partis et d’associations politiques, d’organisations de la société civile…) est également resté dans sa logique de boycott de ce dialogue national.
«Le seul objectif, inavoué, de ce dialogue, n’est autre que la révision constitutionnelle en lien avec l’Accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger», a déploré sa présidente, Sy Kadiatou Sow, lors d’une conférence de presse organisée le 11 décembre courant.
Pendant une semaine (14-22 décembre 2019), les travaux de ce dialogue vont se dérouler en commissions thématiques et en plénières aussi bien sur l’éducation, que sur la défense et sécurité, les réformes institutionnelles, la décentralisation, la culture, etc.