Mali : Gao retrouve son calme après de vives tensions intercommunautaires
- Ces tensions opposaient des communautés arabes et songhoye, suite à la découverte par des pêcheurs d’un corps sans vie d’une personne appartenant à la communauté arabeLassaad Ben Ahmed
26 Février 2018•Mise à jour: 26 Février 2018
MaliAA / Bamako / Mohamed Ali
A Gao, ville située dans le nord du Mali, le calme est revenu, lundi, après que de vives tensions intercommunautaires aient éclaté dimanche soir.
Ces tensions opposaient des communautés arabes et songhoye, suite à la découverte par des pêcheurs d’un corps sans vie d’une personne appartenant à la communauté arabe, a appris Anadolu, lundi matin, auprès d’habitants de Gao joints au téléphone.
Selon un des porte-parole du Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA) membre de la Plate-forme (pro Bamako), le corps repêché dans le fleuve dimanche est celui de l’un de deux commerçants arabes enlevés le 21 février dernier dans la commune de Taboye (Nord-ouest de Gao) par des hommes armés non identifiés.
Les auteurs de l’enlèvement ont été, par la suite, identifiés par la communauté arabe comme appartenant à un groupe armé songhoye, ce qui a immédiatement fait monter les tensions, précise la même source.
La situation était, on ne peut plus, confuse dans la nuit de dimanche à lundi, des hommes armés à bord de deux pickups sillonnaient les quartiers de 4e, 5e et 6e de Gao et demandaient aux populations de rentrer chez elles, annonçant un risque d’affrontements imminents, témoigne un habitant de la ville, joint au téléphone par Anadolu.
Une source sécuritaire de l’ONU présente à Gao et qui a souhaité garder l’anonymat, confirme les tensions entre communautés et constate avec inquiétude l’implication de groupes armés proches des deux communautés.
Les tensions communautaires entre arabes (commerçants) et songhoye (sédentaires) sont très fréquentes dans la ville de Gao.
En 2016 c’est une bagarre entre deux individus originaires des deux communautés qui avait dégénéré en règlements de comptes qui ont coûté la vie à plusieurs personnes.
Plusieurs forces sont basées à Gao : les forces maliennes, les forces internationales (Minusma et Barkhane) ainsi des groupes armés membres de la Plateforme (pro Bamako) qui ont un accès libre à la ville.