Esma Ben Said
26 Octobre 2017•Mise à jour: 26 Octobre 2017
AA/Desk
Trois casques bleus ont été tués jeudi, par un engin explosif, dans le Nord du Mali, a annoncé la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).
" Aujourd’hui vers 14:30 (locale), un véhicule de la Force de la MINUSMA qui escortait un convoi logistique a heurté une mine ou un engin explosif improvisé sur l’axe Tessalit-Aguelhok (Nord)", indique la force dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie.
A la suite de l'explosion " trois Casques bleus ont perdu la vie et deux autres ont été blessés selon un bilan provisoire. Leur évacuation médicale a été effectuée sur la ville de Kidal", ajoute le document qui ne précise toutefois pas à quel contingent appartenaient ces casques bleus.
“Je condamne avec la dernière énergie de tels actes abjects, ayant pour seul but de déstabiliser le pays et de porter atteinte au processus de paix en cours au Mali. Mes pensées et ma sympathie vont aux familles des victimes et aux blessés”, a déclaré Koen Davidse, Chef de Mission par intérim, avant d’ajouter “ma Mission reste déterminée à poursuivre ses efforts pour la consolidation de la paix au Mali”.
La Mission rappelle, dans ce même communiqué, que "les attaques visant des soldats de la paix peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international."
Cette attaque qui n’a pas encore été revendiquée est attribuée par des observateurs à des présumés "jihadistes".
Pas un mois ne passe sans que l'armée malienne ne soit la cible d'attaques ou embuscades perpétrées par des groupes terroristes évoluant principalement dans la partie septentrionale du Mali.
Mercredi deux militaires maliens ont été tués, dans une attaque armée, survenue à Niafounké, dans la région de Tombouctou (nord du Mali), a appris Anadolu de sources sécuritaires locales. Une attaque revendiquée par "le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans", organisation "jihadiste" née de la fusion de plusieurs groupes du Sahel, a rapporté jeudi le centre américain de surveillance des sites jihadistes SITE.
Le Nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes extrémistes liés à Al-Qaïda, à la faveur d'une rébellion touareg déclenchée en janvier de la même année.
Les extrémistes ont été, en grande partie, chassés par l’Opération "Serval", une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières.
Malgré la signature d’un accord de paix entre les différents belligérants (gouvernement et alliés d’une part et groupes touaregs d’autre part) en mai-juin 2015, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader dans le nord, mais aussi le centre du pays, qui a basculé sous le joug des réseaux terroristes.