Mohamed Hedi Abidellaoui
03 Avril 2017•Mise à jour: 04 Avril 2017
AA/ Bamako/ Moussa Bolly
Un "comité d'experts" doit se constituer pour discuter de la question de l'Azawad, a déclaré le président malien Ibrahim Boubacar Keita, à la clôture de la conférence d'entente nationale, a rapporté lundi le correspondant d’Anadolu.
Tenue du 27 mars au 2 avril, cette conférence à laquelle ont pris part des responsables gouvernementaux et des représentants des différents belligérants, a pris fin sans toutefois parvenir à un consensus sur la question de l’Azawad.
Un comité d’experts pour trancher la question de cette région malienne embrasée a ainsi été recommandé dans les résolutions du rapport transmis au président malien. Il est, de ce fait, recommandé de négocier avec le prédicateur radical Amadou Koufa, et le chef touareg Iyad Ag Ghalay, en vue de rétablir la paix dans le nord et le centre du pays.
Le comité d’experts recommandé dans lesdites résolutions s’emploiera aussi à élaborer « une charte de l'unité et de la réconciliation nationale », selon le président Keita.
Au cours des débats de la conférence durant près d’une semaine, des intervenants relevant de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), plateforme regroupant des groupes armés indépendantistes, ont réclamé que « l'Awazad » soit considéré comme une « entité politique et juridique », englobant les régions du nord malien.
«Tant que l'Azawad n'aura pas de statut politique et juridique il n'y aura pas de paix», a menacé un représentant de la CMA, lors de la plénière de samedi dernier. «Nous ne saurions nullement parler d'entente sans l'atteinte d'un consensus sur le statut de la région de l'Azawad», a renchéri Bilal AG Acherif du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), groupe armé membre de la CMA, à quelques heures de la clôture de la conférence sur Twitter.
D’autres intervenants ont pour leur part demandé que la région de l'Azawad soit considérée comme une entité géographique et culturelle.
L’opposition et la CMA avaient, au départ, boycotté les travaux de la Conférence, arguant que l’on ne pouvait pas débattre de tous les problèmes du pays et trouver des solutions en une semaine.
Le président Boubacar Keita n’a pas fixé de date pour la poursuite des négociations, en prononçant le discours de clôture.
Plusieurs groupes terroristes et narcotrafiquants pullulent dans le Sahel, plus particulièrement dans le Nord du Mali, tombé en 2012 sous le contrôle de groupes terroristes et de rebelles indépendantistes touaregs.
Une intervention internationale, toujours en cours, a chassé ces groupes terroristes en 2012 et un accord de paix a ensuite été conclu grâce à la médiation de la communauté internationale, entre Bamako et les indépendantistes, mais il peine toujours à s'appliquer.
Des poches terroristes persistent, en effet, dans le Nord et le Centre du pays, où des attaques contre casques bleus, militaires maliens ou chefs locaux sont régulièrement enregistrées.
Par ailleurs, des différends politiques et communautaires continuent d'alimenter des tensions, ponctuées de violences, hypothéquant ainsi l'application de l'accord de paix.