Esma Ben Said
03 Novembre 2017•Mise à jour: 05 Novembre 2017
AA/Niamey/Kané Illa
Le parquet du tribunal de grande instance hors classe de Niamey a décidé, vendredi, du transfert des trois activistes, arrêtés dans le cadre de la manifestation anti-loi des finances, à la prison civile de Kollo, à 25 kilomètres au sud-est de Niamey, a appris Anadolu auprès d'un responsable de la société civile.
«Les camarades Abass Abdoul Aziz Tanko, Abdoulaye Harouna et Djibo Issa sont placés à la prison civile de Kollo à 25 km de Niamey et poursuivis pour participation à une manifestation interdite, attroupement armé, vol et complicité», a indiqué Ali Idrissa, coordonnateur du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB-NIGER), dans une déclaration à Anadolu.
La même source a ajouté que le procès des trois activistes aura lieu dans les prochains jours, sans en fournir la date exacte. Tous responsables de l’Association de défense des droits des consommateurs des technologies de l’information, de la communication et de l’énergie (ACTICE), les trois activistes ont été arrêtés le lundi 30 octobre, au lendemain d’une manifestation contre la nouvelle loi des finances à Niamey.
A l’initiative de l’association ACTICE, appuyée par plusieurs autres organisations de la société civile nigérienne, des milliers de personnes avaient manifesté le dimanche 29 octobre pour protester contre les «mesures antisociales » contenues dans cette loi des finances.
Alors que les responsables de la ville de Niamey avaient autorisé un meeting dans la périphérie de la capitale, des manifestants avaient tenté de marcher vers l’Assemblée nationale. Les forces de l’ordre déployées en grand nombre avaient tenté de les en empêcher.
De violents heurts ont alors éclaté entre les manifestants et les forces de l’ordre et ont duré plusieurs heures, selon des témoins oculaires joints par Anadolu. 23 policiers avaient été blessés dans ces manifestations, selon un bilan communiqué lundi soir par le ministère nigérien de l'intérieur.
Par un arrêté signé le même jour, le ministre Bazoum Mohamed avait décidé de «l’interdiction définitive» des activités de l’association ACICE. Intervenant sur les médias, les organisateurs de la manifestation ont déclaré n’avoir jamais tenté de marcher, mais qu’ils avaient été débordés par des manifestants excités.
«C’était à la police de se donner les moyens d’interdire tout débordement», a réagi dans une déclaration à Anadolu Abass Abdoul- Aziz, président de (ACTICE) qui avait soumis la demande d’autorisation de manifestation auprès des autorités de la ville de Niamey.