Lassaad Ben Ahmed
11 Novembre 2020•Mise à jour: 11 Novembre 2020
AA / Kané Illa
"La démocratie traverse une zone de turbulences ces derniers temps" dans plusieurs pays francophones, a constaté Louise Mushikibawo, secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie.
Louise Mushikibawo a fait cette déclaration, mardi soir, lors d'une "conversation francophone virtuelle" organisée à l'occasion du 20ème anniversaire de la déclaration de Bamako sur la pratique de la démocratie et des libertés.
Outre la secrétaire générale de l'OIF, l'événement a vu la participation du président sénégalais Macky Sall, de l'ancienne première ministre haïtienne Michèle Duvivier Pierre-Louis et des analystes politiques.
Dans son mot introductif, Louise Mushikiwabo a indiqué que "la démocratie traverse une zone de turbulences" dans des pays francophones, du Nord comme du Sud".
Même si elle a relevé des "avancées réelles" avaient été enregistrées dans la pratique démocratique de ces vingt dernières années, notamment par "la tenue régulière et la maîtrise de l'organisation technique des élections", la secrétaire générale de l'OIF a noté la persistance des "coups d'État et coups de force", ainsi que les tensions liées aux conditions d'organisation des élections et à la révision des "textes fondamentaux ou électoraux précipités ou non justifiés".
Le président Macky Sall a, pour sa part, relevé les "avancées significatives" qu'a connues la démocratie dans l'espace francophone depuis l'adoption de la "déclaration de Bamako", saluant "l'organisation d'élections libres et régulières", "l'exercice des droits et libertés" et "le bon fonctionnement des institutions".
Toutefois, le chef de l'État sénégalais a déploré "des conflits persistants" liés à l'organisation des élections, ainsi que "des ruptures sporadiques des ordres constitutionnels".
Il a lancé un appel pour "une culture de dialogue et de la concertation pour une vie politique apaisée" dans les pays francophones.
La "déclaration de Bamako" fut adoptée le 3 novembre 2000 dans la capitale malienne par les Etats et gouvernements de la Francophonie.
Proclamant que "Francophone et démocratie sont indissociables", elle se base sur les quatre principes suivants : la consolidation de l'État de droit ; la tenue d'élections libres, fiables et transparentes ; une vie politique apaisée et la promotion d'une culture démocratique intériorisée avec le plein respect des droits de l'homme.
Deux autres "conversations francophones" seront organisées en décembre prochain dans le cadre de la célébration du 20eme anniversaire de la "déclaration de Bamako".
Elles porteront sur la "peine de mort dans l'espace francophone" et la "lutte contre les mariages d'enfants, les mariages précoces et les mariages forcés dans l'espace francophone".