Hajer Cherni
17 Décembre 2020•Mise à jour: 18 Décembre 2020
AA / RD Congo / Hajer Cherni
En décembre 2018, des affrontements intercommunautaires ont éclaté à Yumbi, dans la province de Mai-Ndombe, dans l’ouest de la République Démocratique du Congo, et dans plusieurs autres villages des alentours. Des maisons ont été détruites et des centaines de personnes ont été tuées par balles et à l’arme blanche. Certaines ont été même brûlées. Ce massacre macabre a eu lieu les 16 et 17 décembre 2018.
L'organisation Human Rights Watch (HRW) est revenue, deux ans après les faits sur ce génocide, jetant une lumière cruelle sur la mollesse "des enquêteurs" à rendre justice aux familles des victimes et à traduire les responsables en justice.
"Armés de fusils de chasse, d’armes automatiques, de couteaux et de machettes, des centaines de membres de l’ethnie Batende avaient pris d’assaut la ville voisine de Yumbi et massacré au moins 170 personnes, pour la plupart appartenant à l’ethnie Banunu", a rapporté HRW.
Et d'ajouter "ils ont envahi les villages de Nkolo II, puis de Bongende. Au total, 535 personnes ont été tuées et 111 autres blessées".
Avec beaucoup d'amertume, le père Nestor Longota, prêtre catholique revenu à Bongende, son village natal dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, se souvient encore de ce cauchemar qui a dévasté son village. Au moins 30 membres de sa famille élargie sont morts.
"Ce que j’y ai vu était inimaginable". Et de poursuivre : "Il y avait des corps putréfiés, certains étaient mutilés, d’autres avaient été brûlés dans des maisons, et des habitations avaient été détruites".
Jusqu'à présent, il attend toujours que justice soit faite.
Certains expliquent que l'enterrement secret d’un chef coutumier banunu sur une terre privée revendiquée par les Batende est à l'origine de ces massacres.
Cependant, les Nations unies indiquent que les attaques ont été planifiées et organisées par des responsables locaux.
En gros, les assaillants ont détruit et pillé plus de 1.500 maisons, ainsi que des centres de santé, des écoles et des bureaux de vote.
16.000 personnes ont été contraintes de fuir leurs villages, sauf qu'à leur retour, ils n'ont reçu que très peu d'aides pour reconstruire leurs vies.
D'après Human Rights Watch, citant une source judiciaire, les enquêtes sont toujours en cours, deux ans après le massacre.
Pire encore, des informations de sources fiables, indiquent "qu'au moins trois assaillants présumés, qui faisaient partie des dizaines de personnes arrêtées et détenues à Kinshasa, la capitale, ont été libérés pour des raisons encore inexpliquées".
Traumatisés par les images atroces de cette attaque, et dépourvus de tout soutien psychologique, les survivants et les victimes, totalement abandonnés par le gouvernement, ont vu leurs vies bouleversées par ce génocide.
Ces derniers sont à présent appelés à veiller à ce que ceux qui ont orchestré et perpétré les massacres soient traduits en justice.
Le père Longota a déclaré : "Si la justice n’est pas rendue, nous ne sommes pas à l’abri d’un nouveau massacre".