RDC: 9 morts dans des affrontements entre forces de l'ordre et des miliciens dans le centre
- Le commandement de l'armée a dépêché des troupes sur place pour déterminer les circonstances de ces nouveaux affrontements
Lassaad Ben Ahmed
30 Janvier 2018•Mise à jour: 30 Janvier 2018
Kinshasa
AA / Kinshasa / Fiston Mahamba
Neuf personnes dont un officier de l'armée Congolaise sont mortes dans les affrontements qui ont éclaté dimanche soir entre les membres d'une branche de Kamwena Nsapu et les forces de sécurité dans la localité de Kakenge, à 185 kilomètres de Kananga dans la province du Kasai (centre de la RDC) en territoire de Mweka a appris Anadolu, mardi, de sources locales concordantes.
"Un sergent de l'armée nationale est parmi les neufs morts. La cité de Kakenge est actuellement sous contrôle de miliciens faisant allégeance au chef traditionnel Kalamba Dilondo", a expliqué à Anadolu sous couvert d'anonymat un journaliste basé à Kananga, ajoutant que les miliciens ont incendié l'hôpital local.
"Ces miliciens sont une branche de la rébellion Kamwena Nsapu, réfractaires au processus de paix trouvé entre le gouvernement congolais et la milice Kamwena Nsapu l'année dernière", a poursuivi la même source.
Joint au téléphone par Anadolu; le général Assoumani Issa Kumba, commandant de la zone opérationnelle du Kasaï a confirmé les affrontements, indiquant que le commandement de l'armée a dépêché des troupes sur place pour déterminer les circonstances de ces nouveaux affrontements.
"Nous avons envoyé des éléments pour sécuriser la localité. Cette équipe nous fera des amples informations sur les faits ayant conduit à ces nouveaux combats", a dit l'officier de l'armée.
Le conflit qui a éclaté en août 2016 dans les provinces constituant l'espace du Kasaï ont fait au moins 5000 morts dont deux experts de l'ONU et ont causé le déplacement de 1,4 million de personnes.
La communauté internationale a indiqué au début de l'année 2018 que la crise en RDC, dont celle du Kasai est l'une de crises humanitaires qu'il faudra surveiller de près.
En avril 2017, la famille régnante de Jean-Pierre Mpandi dit Kamwena Nsapu avait déclaré la cessation des hostilités de son mouvement rebelle.
Cette déclaration faisait suite à l'accord de la remise du corps du chef coutumier tué en août 2016 à sa famille et à la nomination de Jacques Ntumba Kabeya en tant que successeur de Kamwena Nsapu.
Malgré l'existence de ce compromis, les branches réfractaires de cette rébellion n'ont pas arrêté les attaques ciblant les forces de sécurité congolaises.
Le 14 janvier 2018, une attaque de la milice Kamwena Nsapu contre une position de l'armée située à l'aéroport de Kananga avait causé la mort de 4 soldats congolais.