Esma Ben Said
04 Juillet 2018•Mise à jour: 04 Juillet 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le sénat de la République démocratique du Congo (RDC) a adopté mercredi une loi sur le statut et la protection d'anciens présidents élus du pays, qui n’enregistre aucun ancien chef d’Etat en vie, a rapporté le correspondant d’Anadolu.
Par un vote à main levée, les sénateurs ont adopté cette loi qui sera transmise à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture avant promulgation par le président Joseph Kabila censé en être le premier bénéficiaire.
Outre un statut de sénateur à vie, cette loi dont une copie a été consultée par Anadolu donne droit à un ancien président élu des honneurs dans toutes les cérémonies, un personnel de protection et de domestique , une logistique nécessaire pour se mouvoir, une pension spéciale à un taux d’au moins 50 % de son ancien salaire mensuel, jouir des droits politiques et civils.
« Cette loi va réduire le taux de délinquance constitutionnelle et dissuader ceux qui seraient tenté par un troisième mandat », a déclaré à Anadolu le sénateur d’opposition Jacques Djoli également vice-président de la Commission qui a élaboré cette loi qui traine depuis près de trois ans au parlement sans être examinée.
La veille, les Sénateurs ont refusé une proposition de la présidence de la République, d’étendre cette loi à d’autres personnalités. Ce texte est adopté à six mois de la présidentielle censée élire le successeur au président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001 et dont le dernier mandat a expiré le 19 décembre 2016.
Indépendante depuis 1960, la RDC a connu quatre chefs d'État dont trois « non élus » déjà décédés. Le pays s’apprête à un passage historique du pouvoir entre un sortant et un entrant.
Les candidatures pour l’élection présidentielle et les législatives seront déposées du 25 Juillet au 8 Aout. Kabila ne s’est jamais prononcé sur son avenir politique mais l’opposition l’accuse de tenter un nouveau report des scrutins ou un troisième mandat.