Abraham Kwame
21 Août 2026•Mise à jour: 21 Août 2026
AA / Cotonou / Abraham Kwame
Les avocats du président du parti Les Transformateurs, Succès Masra, appellent à accorder une amnistie à leur client.
Les conseils de l'ancien Premier ministre tchadien étaient face à la presse ce 21 août 2026 à Ndjamena.
Ils ont salué la décision de grâce qui a permis la libération de l’ancien premier ministre mais invitent les autorités à favoriser le vote d’une loi d’amnistie au profit de Masra.
Le collectif d'avocats qui défend Succès Masra salue la grâce présidentielle comme étant « un acte important d’humanité et d’apaisement ». Il considère toutefois que c’est une « première étape » pour aller à une solution durable qui constitue « un acte supplémentaire de dépassement, de réconciliation et de rassemblement national ».
Me Jacqueline Moudeina, la porte-parole du collège d’avocats a déclaré : « Nous formons le vœu que cette dynamique d’apaisement se poursuive et aboutisse, dans le respect de la Constitution et des lois de la République, à une mesure d’amnistie en faveur de Dr Assyongar Masra Succès ».
Tout en témoignant leur « profonde reconnaissance » au président Mahamat Idriss Déby Itno pour la grâce accordée à leur client, la défense continue de soutenir que la condamnation de Succès Masra est « injustement fondée ».
Gracié le 14 août dernier, le président du parti d’opposition Les Transformateurs avait été condamné à 20 ans de prison en août 2025. Il avait été reconnu coupable de faits de « diffusion de messages à caractère raciste et xénophobe par le biais d’un système informatique et complicité de meurtre ».
Succès Masra avait été arrêté en mai 2025 après les violences intercommunautaires qui ont fait 76 morts à Mandakao dans le sud du Tchad. Les autorités l'accusent d’avoir incité les civils à s’armer à travers un message audio qu’il aurait diffusé sur les réseaux sociaux en 2023. Des accusations que M. Masra a toujours rejetées.
Pour rappel, huit autres leaders politiques ont bénéficié de la grâce présidentielle au même moment que Succès Masra.
En mai 2026, ils avaient été condamnés, à huit ans de prison chacun, pour « participation à un mouvement insurrectionnel, rébellion et détention illégale d’armes de guerre ».
Malgré un arrêt de la Cour suprême qui a annulé l’existence de leur coalition, ils avaient lancé un appel à la mobilisation avant d’être mis aux arrêts.