Nadia Chahed
17 Octobre 2018•Mise à jour: 17 Octobre 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La République démocratique du Congo (RDC) a condamné mercredi les "violations des droits de l'homme" lors des récentes expulsions massives de ses ressortissants à partir de l'Angola, et exigé des "explications" et des enquêtes "approfondies" de la part de Luanda.
Ces déclarations ont été faites par le ministre congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, lors d'une conférence de presse.
Reconnaissant le droit pour l'Angola d'expulser des personnes en situation irrégulière, Okitundu avoir signifié aux autorités angolaises l'indignation de kinshasa face à "ce modus operandi d'expulsions aux antipodes des valeurs africaines de fraternité".
"Toute mesure de reconduite à la frontière nécessite impérativement une information au préalable des autorités du pays d'origine", a ajouté le chef de la diplomatie congolaise, précisant cependant que la RDC "ne va pas appliquer la mesure de réciprocité".
Il a, en outre, appelé l'Angola à se "ressaisir" et à "user des canaux diplomatiques" pour mettre fin à ces pratiques "indignes".
Le responsable congolais a, également, menacé de "saisir les instances internationales compétentes " en cas de récidive de la part de Luanda.
Selon le dernier bilan officiel plus de 200 000 Congolais qui vivaient en Angola ont regagné la RDC depuis le début du mois, soit expulsés par les autorités locales soit pour fuir les représailles de la police qui mène une large opération visant les sans papiers.
Les autorités congolaise ont décidé mardi de mettre en place un fonds spécial humanitaire pour assister ces refoulés qui vivent dans des conditions précaires au Kasaï (centre) où ils ont été reçus.
Le Haut-commissariat de L'ONU pour les réfugiés (HCR) a redouté mardi que ces expulsions n'aboutissent au déclenchement d'une crise humanitaire.