Lassaad Ben Ahmed
09 Août 2018•Mise à jour: 09 Août 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les autorités sanitaires congolaises et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont lancé la vaccination contre la fièvre hémorragique à virus Ebola à Beni, un territoire situé dans l'est de la République Démocratique du Congo (RDC) où l'épidémie déclarée depuis début août a fait 36 décès.
La vaccination contre Ebola a été lancée mercredi par le ministre congolais de la Santé, Oly Ilunga à Mangina, épicentre de cette épidémie déclarée dans la zone de santé de Mabalako, proche de la ville de Beni dans le nord de la province du Nord-Kivu, frontalière avec le Rwanda et l'Ouganda.
"Toutes les mesures de prévention sont déjà à place. Aujourd'hui il était vraiment important d'ajouter le dernier pilier de la riposte qui est la vaccination, elle va nous permettre de casser la chaîne de transmission à travers la communauté", a déclaré le ministre Ilunga accompagné de plusieurs experts nationaux et internationaux.
Les premières cibles de cette vaccination sont "les prestataires de soin de première ligne, les personnes ayant été en contact avec les cas confirmés et les contacts de ces contacts", a-t-il ajouté.
"Encore une fois, la RDC a démontré un fort leadership dans la réponse rapide à cette épidémie", a déclaré mardi dans un communiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.
"La maladie à virus Ebola est agressive. Nous devons y répondre avec force. Introduire la vaccination aussi rapidement que possible est l'un des principaux outils au début de la réponse", a-t-il ajouté. A ce jour, 44 cas ont été enregistrés, dont 17 cas sont confirmés.
Les autorités sanitaires ont affirmé, mardi, que l'épidémie qui frappe Beni n'est pas liée à la précédente épidémie dans la province de l'Equateur ( nord-ouest) où elle a officiellement fait 33 morts.
Le Nord-Kivu est l'une des provinces les plus peuplées de la RDC avec plus de 8 millions d'habitants. Plusieurs groupes armés locaux et étrangers sévissent dans cette région riche en minerais.
Beni est particulièrement meurtri par les attaques des rebelles ougandais des forces démocratiques alliées (ADF) et une panoplie de groupes armés locaux.
Jugeant "extrêmes" les difficultés à lutter contre Ebola dans une zone en conflit, l'OMS a demandé aux pays voisins de la RDC (Rwanda, Ouganda et Burundi) de renforcer la surveillance le long de la frontière avec la province Nord-Kivu.
L'agence onusienne a jugé "très élevé" le risque de propagation de l'épidémie en raison de la présence de nombreux déplacés internes dans la région et aux mouvements des populations vers l’Ouganda.