Lassaad Ben Ahmed
09 Août 2018•Mise à jour: 09 Août 2018
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
Jean-Claude Brou, président de la Commission de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) s’est engagé à accompagner le Togo dans la mise en œuvre de la feuille de route du 31 Juillet 2018.
Brou s’exprimait mercredi soir à Lomé, au terme d’une réunion de consultation entre les deux parties prenantes de la crise politique togolaise.
La feuille de route, établie pour la sortie de crise au Togo par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernements de la Cedeao, appelle à des réformes constitutionnelles et institutionnelles précises pour déboucher sur des législatives le 20 décembre 2018.
La coalition des 14 partis de l’opposition togolaise avait émis des réserves quant à la réalisation de toutes les réformes énoncées dans la feuille de route, surtout celles relatives à des élections crédibles à cette date.
La coalition a insisté sur l’urgence et la nécessité que la mise en œuvre des recommandations se fasse dans le cadre d’un gouvernement de transition et a souhaité que la Cedeao donne des clarifications sur certains aspects de cette feuille de route.
Jean Claude Brou a tenu à rassurer les deux parties lors d’une journée de consultations dans la capitale togolaise quant à la disponibilité de la commission de la Cedeao à "accompagner le Togo pour des élections transparentes et fiables".
A ce titre, il a annoncé une première réunion d’évaluation de la mise en œuvre de la feuille de route d’ici fin août, en présence de représentants des facilitateurs, de la Commission de la Cedeao, du gouvernement togolais et de la coalition des 14 partis de l’opposition togolaise.
Ce comité de suivi a été institué au terme du 53ème sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de la Cedeao, tenue à Lomé le 31 Juillet dernier.
Toutes les parties prenantes ont pris part à cette rencontre et exposé leurs points de vue sur la mise en œuvre de cette feuille de route.
Jean Claude Brou a promis d’en établir un rapport fidèle aux deux facilitateurs qui donneront des orientations lors de la première réunion du Comité de suivi.
Gilbert Bawara, porte-parole du gouvernement aux discussions, a déclaré que "le gouvernement togolais travaillera pour une mise en œuvre fluide des recommandations de la Cedeao".
Jean Pierre Fabre, le chef de file de l’opposition a, pour sa part, indiqué que l’opposition a soulevé de nouveaux points non abordés par la feuille de route au cours de la rencontre de mercredi à Lomé, portant notamment sur le redécoupage électoral.
"À la dernière législative, l’opposition a avec 1,2 millions de voix obtenu moins de 30 députés, alors qu’avec 900 milles voix, le pouvoir en a obtenu plus de 60. Ça ne se répétera plus. Il nous faut un redécoupage équitable", a confié à la presse Jean-Pierre Fabre.
Depuis un an le Togo est secoué par une crise socio politique marquée par des manifestations de rue des militants de l’opposition qui appellent au départ du pouvoir de Faure Gnassingbé, et notamment un retour à la constitution de 1992.
La situation, créée par le blocage du dialogue ouvert le 19 février puis suspendu deux fois les 23 février et les 23 mars dû à la problématique d’un possible 4e mandat pour Faure Gnassingbé en 2020, a finalement obligé la Cedeao à proposer une feuille de route de sortie de crise, le 31 Juillet dernier.