Nadia Chahed
05 Octobre 2018•Mise à jour: 08 Octobre 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les candidats de l'opposition à l'élection présidentielle en RDC ont mis en garde la Commission électorale indépendante (Céni) contre toute dérive lors des élections du 23 décembre et l'ont sommée de "porter seule la responsabilité en cas de non tenue d'élections libres transparentes, inclusives, crédibles et apaisées".
Cette position a été signifiée à la Céni lors d'une réunion convoquée jeudi par le président de cette commission, Corneille Nangaa, en vue d'échanger avec les 21 candidats en lice à la Présidentielle, sur les questions relatives aux élections.
La réunion a été une occasion pour l'opposition de présenter "ses préoccupations majeures en rapport avec le processus électoral" en cours, indique un communiqué co-signé par les quatre principaux candidats de l'opposition à la présidentielle, à savoir Martin Fayulu, porté par la dynamique de l'opposition, Freddy Matungulu du parti Congo Na Biso, Vital Kamerhe de l'Union pour la Nation Congolaise (UNC) et Félix Tshisekedi du parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Ils ont notamment réitéré leur rejet du recours à la machine à voter "qui est une modalité de vote électronique interdite par la loi électorale lors du processus en cours et introduite d’autorité par la Cénin ce qui est inacceptable", ont ils rappelé.
Ils ont également appelé au nettoyage du fichier électoral qui "comte plus de dix millions de cas d’irrégularité sur les 40 millions 24 mille enrôlés, selon le rapport de l’OIF".
Les candidats de l'opposition ont, en outre, interrogé la commission électorale sur les "dispositions prises pour la tenue d'élections apaisées dans les zones frappées par l'insécurité, notamment, le Nord kivu, il'turi, le kasai etc)".
Estimant que les réponses fournies par la Céni ne satisfaisaient pas leurs préoccupations, les candidats de l'opposition ont appelé cette dernière à "convoquer en toute urgence un cadre de concertations entre les partes prenantes au processus électoral en cours pour des discussions en profondeur de toutes ces préoccupations"
Ils l'ont en outre exhorté à " respecter son propre calendrier électoral pour la tenue effective des élections à la date prévue du 23 décembre".
Ils ont enfin estimé que la Céni doit porter "seule la responsabilité en cas de non tenue des élections libres transparentes inclusives crédibles et apaisées le 23 décembre 2018 et du vide qui se constaera au niveai des institutions de la république
S'exprimant dans une déclaration à la presse au terme de la réunion de jeudi, le président de la Céni a précisé que pour régler ces différends, la "Céni et les candidats se sont accordés sur la mise en place d'une commission technique afin d’approfondir toutes ces questions et concilier les impératifs techniques de faire adhérer tout le monde au processus mais aussi de faire en sorte que le 23 décembre l’élection se tienne".
Cette rencontre s'est tenue à la vielle d'une visite d'une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU qui séjournera en RDC du 05 au07 octobre poyur " s'assurer d'élections libres et transparentes le 23 décembre en RDC.
A moins de 3 mois des élections, aucun consensus n'a été trouvé entre les parties prenantes congolaises sur les machines à voter.
L'opposition et une grande partie de la société civile estiment que ces machines faciliteront la fraude en faveur du candidat de la coalition au pouvoir.