Nadia Chahed
22 Février 2017•Mise à jour: 23 Février 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le président congolais, Joseph Kabila, a instruit le gouvernement de diligenter une enquête sur un présumé massacre commis par l’armée gouvernementale contre des civils dans le centre du pays.
« Le Ministre congolais de la Défense Nationale a, sur instruction de S.E.M. le Président de la République […] dépêché immédiatement dans les deux provinces une commission conduite par de hauts magistrats militaires en vue de vérifier les faits, approfondir les enquêtes autour des faits qui n’auraient été pris en charge et renforcer », indique un communiqué du gouvernement congolais publié mercredi.
« Le Gouvernement congolais tient à rassurer l’opinion que tout sera fait conformément aux lois tant nationales qu’internationales (…)» poursuit le communiqué
Cette décision succède à une forte indignation nationale et des condamnations internationales notamment des Etats-Unis, de la France, de l’UE et de l’ONU concernant une vidéo relayée dimanche par les réseaux sociaux. Celle ci montre des hommes en uniformes militaires tirant à bout portant sur des civils armés de bâtons et de lance-pierre, et achever certains blessés, dont une femme.
Aussitôt diffusée sur le web, la vidéo a suscité une vague d'indignation des notables des provinces du Kasaï qui ont dénoncé un massacre.
Selon d'autres sources locales les personnes visées par les forces congolaises ne sont autres que des rebelles alliés à Kamwina Nsapu, un chef traditionnel opposé au gouvernement.
Médecin de son état, Kamwina Nsapu (Jean-Pierre Pandi, de son vrai nom) avait appelé en juin dernier à une insurrection populaire visant à débarrasser le Kasaï-Central, de toutes les institutions et autres services sécuritaires, auteurs selon lui, des "tracasseries contre les populations".
Dénonçant les exactions des militaires congolais, le Haut Commissariat aux droit de l'Homme a noté, mardi, que "le Bureau commun des Nations Unies pour les droits de l'homme ( BCNUDH) a recensé une flambée récente des violences dans la province du Kasaï-central.il a reçu des informations selon lesquelles environ 50 personnes auraient été tuées par des troupes entre le 6 et le 8 février, et 101 autres personnes auraient été tuées dans des affrontements avec des soldats entre le 9 et le 13 février".
Fin janvier, les autorités congolaises avaient relaxé une quarantaine des miliciens de Kamwina Nsapu dans la ville de Kananga, afin d'apaiser la situation dans cette région diamantifère de la RDC.
Des affrontements entre ces miliciens et les forces de sécurité congolaises ont fait au moins 140 morts durant l'année 2016, selon l'ONU.