Lassaad Ben Ahmed
08 Décembre 2020•Mise à jour: 08 Décembre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé la suspension de ses plénières après des heurts, lundi, entre des députés du camp de Joseph Kabila et celui du président Felix Tshisekedi qui avait annoncé, dimanche, la nomination d’un informateur pour identifier une majorité à l’Assemblée nationale.
« Le Bureau de l'Assemblée nationale rappelle que seule l'honorable présidente a le pouvoir exclusif de convoquer les plénières sur pied de l'article 31 alinéa 7 du Règlement intérieur », explique un communiqué du bureau de la chambre basse du parlement congolais.
« Toute aventure hasardeuse de convoquer par une voie biaisée les honorables députés est illégale, sera vouée à l'échec et exposera ses auteurs à des conséquences graves », ajoute le communiqué.
Première femme élue présidente de l’Assemblée nationale depuis les premières élections démocratiques en RDC, Jeanine Mabunda et ses 6 collègues membres du bureau sont visés par une pétition de destitution, signée par près de 250 des 500 députés qui composent l’Assemblée.
Contre l’avis du bureau de l’Assemblée nationale, le secrétaire général de l’Assemblée, Jean Nguvulu, a convoqué une plénière, mardi, pour l’installation d’un bureau temporaire.
Ces tensions préoccupent les Nations Unies.
La RDC « ne peut pas se permettre une crise institutionnelle grave», a affirmé, lundi, devant le Conseil de sécurité, Leila Zerrougui, émissaire des Nations Unies pour la RDC.
Si «cette situation politique délicate persistait », poursuit –elle, elle « pourrait avoir des répercussions sérieuses sur la situation économique et sécuritaire du pays».
La situation politique que traverse le pays « est très incertaine», a insisté Leila Zerrougui, appelant le Conseil de sécurité à « jouer un rôle important pour encourager une résolution négociée de cette crise politique ».
La RDC « a besoin d'institutions stables et fonctionnelles se remettant au travail le plus vite possible et se concentrant sur le relèvement économique national et la stabilisation de l'est du pays, avant les élections générales prévues en 2023 », a encore insisté la cheffe de la mission de l’ONU en RDC (Monusco).
Au lendemain de l’annonce de la fin de la coalition, le président Felix Tshisekedi a reçu lundi, le premier ministre Sylvestre Ilunga, issu du camp Kabila.
Il n’a fait aucune déclaration à la presse après un tête-à-tête.
Pour rappel, Kabila et Tshisekedi avait conclu un deal pour gouverner ensemble, suite aux élections de décembre 2018. Les deux hommes ne s'entendaient plus depuis les nominations, en juillet dernier, dans l'armée, à la Cour constitutionnelle et dans le corps de la magistrature.
Dimanche dernier, Tshisekedi a annoncé la nomination d'un informateur pour identifier une nouvelle majorité parlementaire et partant pour former une nouvelle coalition au pouvoir. Le camp de l'ancien président Kabila en a pris acte et annoncé lors d'une conférence de presse, lundi, qu'il opterai pour une cohabitation.