Lassaad Ben Ahmed
20 Décembre 2017•Mise à jour: 21 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le chef de l’aile dure de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC) a reconnu mardi l’échec de son appel à manifester contre le président Kabila qui a bouclé, le même jour, un an depuis la fin de son deuxième et dernier mandat autorisé par la Constitution.
"On peut perdre la bataille, mais la guerre continue", a déclaré le président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, Félix Tshisekedi, dans un entretien filmé et publié sur les réseaux sociaux par son entourage proche.
"Nous n'avons pas marché malheureusement", a-t-il reconnu, justifiant cet échec par la "pluie" et un "manque de coordination" de la plateforme. Tshisekedi voulait quitter le siège de son parti (UDPS) accompagné d’une centaine de ses militants pour manifester mais la police l’a empêché.
"Il ne pouvait pas engager une épreuve de force. Il a compris, il a obtempéré et il est rentré", a déclaré dans un communiqué le porte-parole de la police, Pierrot Mwanamputu faisant part de l’arrestation de 27 opposants dans l’Est du pays et dans la région du Kasaï.
Tshisekedi et ses alliés, y compris les mouvements citoyens réclament le départ de Kabila dès la fin de cette année pour instaurer une "courte transition" dès le 1er Janvier 2018.
- Nouvel appel à manifester de façon "ininterrompue"
Notant que "tant que Joseph Kabila sera aux commandes, il n’y aura jamais d’élections", le principal mouvement citoyen congolais, la lutte pour le changement (Lucha) a appelé dans un communiqué, mardi, à manifester de façon "ininterrompue", à partir du vendredi 29 décembre jusqu’au départ "effectif" de Joseph Kabila et de "ses complices à tous les niveaux".
Le but de cette mobilisation "pacifique" est "d’asphyxier totalement" le régime et de "neutraliser ses moyens de répression", y compris en "barricadant les routes principales et les routes des quartiers", pour "empêcher ou limiter au maximum leurs mouvements", ajoute ce mouvement qui se réclame non partisan et non violent.
Ses manifestations et celles de l’opposition sont régulièrement interdites et réprimées par les forces de sécurité dans ce pays, dont l’élection au conseil des droits de l’homme en octobre dernier a provoqué une colère occidentale.
Les élections générales devaient avoir lieu en fin de cette année, mais elles ont été reportées au 23 décembre 2018 par la commission électorale qui a émis le 5 novembre dernier un calendrier, devenu contraignant après la promulgation d’une nouvelle loi électorale, le 15 décembre.
L’opposition rejette ce chronogramme et réclame des élections, au plus tard, en Juin 2018.