Lassaad Ben Ahmed
23 Juillet 2020•Mise à jour: 23 Juillet 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
« Des centaines de milliers » de partisans du front commun pour le Congo (FCC), coalition de l’ancien président Joseph Kabila ont manifesté, jeudi, dans les rues de Kinshasa pour soutenir les institutions et exiger le respect de la Constitution par le président Felix Tshisekedi, auquel ils reprochent d’avoir violé une salve de dispositions, notamment dans ses nominations depuis son arrivée au pouvoir.
Munis des banderoles et drapeaux, des partisans arborant des chemises et t-shirts frappés aux effigies de Kabila ont marché du boulevard Lumumba jusqu'à une centaine de mètres du siège du Parlement et du stade des Martyrs, a constaté le correspondant de l’Agence Anadolu.
« Beaucoup de questions notamment sociales sont ignorées par nos partenaires », a déclaré Néhémie Mwilanya, coordinateur du FCC, affirmant que sa coalition est « dans une approche corrective ».
« Nous devrons gérer ensemble, être associés à la prise des grandes décisions pour que nous puissions en répondre ensemble », a-t-il ajouté face à la presse.
« On est à l'orée d’une crise dont le pays n’a pas besoin », a-t-il prévenu, estimant que des « centaines de milliers » de personnes ont manifesté jeudi dans la capitale.
Egalement parmi les manifestants, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti de Kabila, le PPRD, a fulminé contre le président Felix Tshisekedi « qui s’est arrogé tous les pouvoirs, le Premier ministre n’est pas son garçon de course ».
Cette mobilisation, une première depuis le départ de Joseph Kabila, n’a connu aucun incident sécuritaire, a constaté Anadolu.
Si des leaders politiques fulminaient contre le président Tshisekedi, une frange de marcheurs protestait contre la grogne sociale engendrée par la dépréciation accélérée du franc congolais face au dollar américain depuis le début de l'année.
Après des marches populaires hostiles au camp Kabila, organisées par le parti présidentiel et celles de l’opposition contre les deux coalitions au pouvoir, cette mobilisation est la troisième en 4 semaines sous divers mots d’ordre.