Mohamed Hedi Abidellaoui
08 Juillet 2017•Mise à jour: 08 Juillet 2017
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les élections censées avoir lieu "au plus tard" avant la fin de l'année en cours en République démocratique du Congo (RDC) n'auront pas lieu, a annoncé le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
"Avant le mois de décembre, ça ne sera pas possible dans les conditions fixées par l'accord" signé le 31 décembre 2016, sous l'égide des évêques de l'Église catholique congolaise, a déclaré vendredi au cours d'un point de presse à Paris, le président de la Ceni , Corneille Nangaa.
Contacté au téléphone samedi par Anadolu, le même responsable a rattaché cette impasse à des conditions techniques et logistiques "qui ne sont favorables ni à la finalisation rapide" de l'opération d'enregistrement des électeurs, ni à l'élaboration de la loi sur la répartition des sièges pour chaque fief électoral.
Nangaa a, par ailleurs, déclaré que l'opération d'enregistrement sera lancée le 20 juillet dans les provinces du Kasaï-central et du Kasaï, situées dans le centre du pays. Ces provinces sont en proie à des violences meurtrières, depuis près d'une année.
Initialement prévues en novembre 2016, les élections générales congolaises, dont la présidentielle qui devait permettre l’élection du successeur du président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001, n’ont pas eu lieu. Kinshasa a imputé ce retard à son "incapacité" de financer ce processus, alors, évalué à 1,2 milliards de dollars américains.
Les élections ont été reportées pour la fin de l'année 2017, conformément à un accord politique conclu le 31 décembre dernier entre le pouvoir et l’opposition. Cet accord a, en outre, consacré le maintien au pouvoir de Joseph Kabila et l'installation d'un gouvernement de transition dirigé par un opposant, pour gérer le pays jusqu'aux élections prévues en décembre 2017.
La RDC n'a pas connu de transition démocratique et apaisée depuis son accession à l'Indépendance en 1960. Le mois dernier, l'Église catholique congolaise a lancé une campagne, incitant les Congolais à des manifestations pacifiques afin d'exiger la tenue des élections générales en fin d'année.
Plaidant pour la tenue des élections dans les délais impartis conformément à l’accord de sortie de crise, les Nations unies ont exigé, samedi dernier, la publication par la Ceni d’un « calendrier électoral officiel et consensuel pour l’organisation des élections ».