Nadia Chahed
10 Juin 2017•Mise à jour: 10 Juin 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al-Hussein, a appelé,vendredi, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à établir une enquête internationale sur les violations graves des droits de l'homme survenues dans les provinces du Kasaï, dans le Centre de la République démocratique du Congo (RDC), y compris sur l'existence d'au moins 42 fosses communes, indique le HCDH dans un communiqué
Al-Hussein avait exhorté, mardi, le Gouvernement de la RDC à prendre une série de mesures pour s'assurer qu'une enquête crédible et transparente, respectant les standards internationaux et avec l'implication du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme (BCNUDH), soit engagée avant le 8 juin.
Réagissant à cet ultimatum, la ministre congolaise des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, avait déclaré que Kinshasa était ouverte à une enquête conjointe avec les Nations-Unies à condition d'en assurer la direction.
Selon le Haut commissaire, cité dans le même communiqué, cette réponse congolaise est "insuffisante" compte tenu de la "gravité et de la nature généralisée des violations, et compte tenu du besoin impérieux de justice pour les victimes".
Il estime, par ailleurs, que "l'ampleur et la nature des violations et abus des droits de l'homme et les réponses systématiquement insuffisantes des autorités nationales nous obligent à demander une enquête internationale pour compléter les efforts nationaux ".
Depuis août 2016, environ 1,3 million de personnes originaires de la région du Kasaï ont été déplacées suite aux violences, alors que quelque 30 000 réfugiés ont fui vers l'Angola. Le Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en RDC (BCNUDH) a documenté 42 fosses communes, mais il est possible qu’il en existe d’autres, rappelle le communiqué.
La flambée des violences dans les Kasaï a débutée en août 2016 lorsqu'un chef coutumier, Kamwina Nsapu, a été tué par les Forces congolaises, fait quia déclenché la colère de ses partisans qui se sont engagés alors pour le venger.
Bien qu'un certain nombre d'enquêtes nationales aient été lancées sur les crimes allégués commis par Kamwina Nsapu, le gouvernement n'a pas mené d'enquêtes significatives sur la conduite des forces congolaises, souligne encore l'ONU.