RDC / Législatives partielles : début des opérations de vote
Environ 1,1 million d'électeurs sont attendus devant les bureaux de vote pour élire 15 députés nationaux et 15 députés provinciaux dans trois circonscriptions électorales.
Lassaad Ben Ahmed
31 Mars 2019•Mise à jour: 01 Avril 2019
Congo, The Democratic Republic of theAA / Beni / Yumbi / Pascal Mulegwa
Les opérations de vote des députés provinciaux et nationaux ont démarré, dimanche matin, dans les centres de vote à travers le territoire de Beni et la ville de Butembo dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans le territoire de Yumbi dans le nord-ouest.
Dans ces zones, les élections devaient avoir lieu le 30 décembre dernier comme partout en RDC, mais elles avaient été reportées à cause de l'épidémie d'Ebola, de l'activisme des groupes armés et des violences interethniques.
"Les opérations se déroulent dans le calme et la sérénité dans les trois circonscriptions", a déclaré à Anadolu, le rapporteur de la commission électorale nationale indépendante (Ceni), Jean-Pierre Kalamba, indiquant, toutefois, que le taux de participation sera "trop faible" dans le territoire de Yumbi" où des milliers d'électeurs se sont réfugiés depuis décembre dernier au Congo-Brazzaville.
"A Butembo, l'engouement est observé. Les électeurs se sont massés devant les bureaux, mais d'autres manquent leur nom sur les listes électorales", a témoigné Muhindo Akilimali, un des observateurs électoraux.
"A l'ouverture des bureaux de vote, l'engouement étaient faible, beaucoup de gens ne se sentent pas concernés du fait qu'ils ne vont pas élire le président de la République", a témoigné Kizito Bin Hangi, président de la société civile de Beni, dans la province du Nord-Kivu.
"Les opérations ont effectivement démarré à Yumbi", a affirmé à Anadolu, Luc Lutala, responsable au sein de la mission d’observation électorale de la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (Symocel).
Environ 1,1 million d'électeurs sont attendus devant les bureaux de vote pour élire 15 députés nationaux et 15 députés provinciaux dans ces trois circonscriptions électorales.
A Yumbi, les scrutins "pourraient constituer un élément déclencheur de nouvelles violences, d’autant plus qu’une grande défiance existe vis-à-vis des représentants des autorités locales", a prévenu, vendredi dernier, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (Fidh) demandant aux autorités de mettre en place des mesures préventives.
Dans ce territoire, des violences entre membres des communautés nunu et tende avaient fait plus de 900 morts, selon l'Onu, qui a récemment évoqué de "possibles crimes contre l'humanité".
Les assaillants étaient principalement dirigés contre la communauté nunu.
"Il y a fort à craindre que la participation soit très faible et disproportionnée, au détriment de la communauté nunu qui, logiquement, sera beaucoup moins représentée", note la Fidh dans son rapport. La circonscription électorale du territoire de Yumbi ne compte qu’un seul siège pour les législatives nationales et un autre siège pour les provinciales.
Douze candidats à la députation nationale se disputent l’unique siège à pourvoir et quatorze autres sont en lice pour l'unique siège à l'assemblée provinciale.
Pour ces scrutins, la police a déployé des "effectifs supplémentaires" et se fait assister "discrètement par l'armée", a affirmé Luc Lutala, indiquant qu'aucun incident n'a été signalé.
Ces scrutins ne représentent pas un grand enjeu après la présidentielle remportée par l'opposant Felix Tshisekedi, les législatives nationales, provinciales et les sénatoriales remportées par le front commun pour le Congo (FCC), coalition de l'ex-président congolais Joseph Kabila.
Les 15 députés nationaux qui seront élus, dimanche, devront rejoindre les 485 déjà en poste à Kinshasa pour composer les 500 sièges à l'Assemblée nationale.