Lassaad Ben Ahmed
31 Mars 2019•Mise à jour: 01 Avril 2019
AA / Tunis / Bouazza Ben bouazza
Réunis à Tunis, les membres du Quartet chargé du dossier libyen, ont convenu de soutenir les efforts déployés par l’envoyé spécial des Nations Unies, Ghassan Salame, en vue de résoudre la crise dans ce pays confronté depuis huit ans à la violence et à l’instabilité du fait des affrontements armés entre milices rivales.
Organisée, samedi, à la veille du sommet arabe dans la capitale tunisienne, le 31 mars, la réunion entourée d’un dispositif sécuritaire renforcé, a regroupé le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies Antonio Guterres, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Ahmed Abou Ghaith, et la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, en présence de l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Ghassan Salame.
Elle précède la conférence nationale qui doit avoir lieu en Libye, du 14 au 16 avril prochain.
Le responsable de l’organisation panarabe a, dans une conférence de presse, formulé l’espoir qu’elle puisse “permettre d’assurer le succès du processus politique et de réaliser l’objectif de reconstruction de l’Etat libyen avec toutes ses institutions et d’asseoir la stabilité dans le pays”.
Tout en “ne négligeant pas les difficultés”, les participants se sont déclarés relativement optimistes quant à l’aboutissement du processus politique engagé en Libye.
“Il y a un vent d’espoir qui souffle dans un monde en butte à de nombreux conflits”, a-t-il analysé. Il a cité, à cet égard, les accords de paix signés entre l’Ethiopie et l’Erythrée après des années de conflit et en République centrafricaine, où pas moins de 14 groupes armés s’affrontaient et la Guinée Bissau où des élections ont pu avoir lieu normalement.
“Les peuples commencent à montrer à leurs dirigeants qu’ils veulent la paix et s’il y a quelque chose qui nous donne de l’espoir en Libye, c’est le fait que le peuple libyen pense que ça suffit, qu’il faut la paix, qu’il faut qu’un pays riche puisse assurer à ses concitoyens la prospérité à laquelle ils ont droit”, s’est félicité Guterres.
“C’est un processus difficile et laborieux, mais je crois que la volonté du peuple libyen va certainement primer”, a renchéri le président de la Commission africaine.
Il a annoncé par la même occasion, la tenue en juillet prochain, à Addis Abeba, d’une conférence sur la réconciliation entre les différentes parties libyennes.
Moussa Faki Mahamat a indiqué que ces assises décidées lors du sommet de l’UA, en février dernier, devraient “permettre, de manière inclusive et j’insiste là-dessus car tout dépend des Libyens, de discuter de la réconciliation qui est un préalable à la tenue d’élections apaisées en Libye”.
“Nous avons convenu d’accompagner le peuple libyen dans cette phase cruciale de son histoire. Il est grand temps que les acteurs libyens se parlent, discutent et décident du sort de leur pays”, a souligné Mahamat.
“La solidarité internationale s’organise et je pense que c’est une opportunité pour le peuple libyen d’en finir avec l’instabilité et de renouer avec la paix dans ce pays qui n’a que trop souffert”, a-t-il estimé.
Pour le responsable de l’UA, “il est de notre devoir en tant qu’organisation continentale de continuer à travailler, main dans la main, avec nos partenaires pour soutenir un processus authentiquement libyen”.
De son côté, Federica Mogherini a mis l’accent sur la détermination de l’Union européenne “d’accompagner le processus engagé à l’intérieur de la Libye”.
“Il y a ces derniers mois un intérêt, une énergie nouvelle au sein de la société libyenne qui montre une volonté d’asseoir un Etat qui fonctionne normalement”, a-t-elle relevé.
Tout en faisant remarquer que la Libye est un pays qui n’a pas besoin de l’aide extérieur, elle a noté que l’UE n’a pas hésité à soutenir politiquement, diplomatiquement et financièrement le travail qu’accomplit l’Onu. Elle a fait état d’aides diverses apportées par l’Union européenne à la Libye d’un montant global de près de 500 millions euros destinés à fournir “les services essentiels” au peuple libyen.