Lassaad Ben Ahmed
16 Janvier 2018•Mise à jour: 17 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Cent sept (107) organisations de la société civile congolaise ont soutenu, mardi, l’appel des catholiques à marcher dimanche prochain contre le président Joseph Kabila, afin de réclamer l’application de l’accord conclu fin 2016 entre pouvoir et opposition.
"Les organisations signataires engagent toute la population congolaise et personnes de bonne volonté à participer massivement à la marche pacifique du 21 janvier 2018 organisée par le Comité laïc de coordination, CLC, pour réclamer l’application stricte de l’accord de la Saint-Sylvestre", souligne un communiqué publié, tôt mardi, par ces organisations parmi lesquelles des associations féminines, des syndicats et ONG congolaises.
Elles ont dressé un tableau sombre de la situation politique du pays, relevant "l’entêtement" de la coalition au pouvoir et la gestion "calamiteuse" du pays par "défi malgré la détérioration de la situation politique et socio-économique […] la recrudescence des poches d’insécurité, les pillages et détournements des ressources de l’Etat".
Dimanche dernier, le CLC, une association proche de l’Eglise catholique a appelé à une nouvelle manifestation, promettant de "ne plus donner de répit à la dictature".
Interdite, la première marche des catholiques à l’initiative de cette structure le 31 décembre dernier avait été réprimée par les forces de sécurité, faisant six morts selon l'Eglise catholique. Aucun mort selon le gouvernement qui a mis en garde les organisateurs contre "toute récidive".
Internet et SMS avaient été coupés le jour de cette mobilisation dont la dispersion a provoqué une vague d’indignations dans le monde.
Le CLC et la centaine d’organisations exigent l’application "stricte" des mesures prévues dans cet accord dont notamment la libération des prisonniers politiques, la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays, la libéralisation des espaces médiatiques et l'engagement du chef de l’État de ne pas briguer un troisième mandat.
Réagissant à l’appel des catholiques, le gouvernement qui a tenu lundi son conseil extraordinaire a souligné dans son compte-rendu avoir instruit ses "services compétents" de faire en sorte que "force reste à la loi afin d’éviter tout impact négatif sur l’ordre public".
La situation reste très tendue en RDC, en raison du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.
Son deuxième et dernier mandat a constitutionnellement pris fin le 19 décembre 2016.
Des élections en vue de sa succession sont prévues pour le 23 décembre 2018.