Lassaad Ben Ahmed
15 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA/Goma/Fiston Mahamba
Trois rebelles Maï-Maï ont été tués mercredi dans des affrontements qui les ont opposés aux forces de l'ordre chargés de la garde de la prison centrale de Kakwangura, à Butembo, ville du Nord-Est de la République démocratique du Congo, a appris Anadolu auprès de sources administratives locales.
"Trois assaillants ont été tués tandis qu'un policier et un civil ont été blessés", a fait savoir à Anadolu Vikuli Uvasaka, maire de cette ville commerciale, indiquant que les forces de l'ordre ont repris totalement le contrôle de la maison carcérale.
"Il n'y a pas eu d'évasion, car la riposte de la police a permis de limiter les dégâts au sein de la prison", a-t-il déclaré.
"Nous sommes entrés dans la zone des opérations pendant que les éléments des forces armées de la RDC, FARDC et les troupes de la mission Onusienne, Monusco pourchassaient les assaillants qui se dirigeaient vers la prison. La panique était partout et nous avons dû fuir pour nous abriter dans le bâtiment de la mairie", a témoigné à Anadolu Amuri Rachidi Kasongo, journaliste basé dans cette ville.
Kasongo a indiqué que, mercredi matin, la ville était relativement calme, en dépit de l'appel à manifester de mouvements citoyens.
S'agissant de la gravité de la situation sécuritaire dans l'Est, le commandement des forces armées de la République démocratique du Congo dans la région de Beni et Lubero avait lancé par le passé une alerte sur le recrutement des évadés de la prison de Beni par les groupes armés actifs dans cette partie de la province du Nord-Kivu.
"Depuis juillet, nous avons tué cinq évadés et capturé quatre autres, dans les affrontements qui nous opposaient aux groupes rebelles, notamment les miliciens Maï-Maï à Beni et dans le village de Kabasha", a affirmé à Anadolu le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de la zone de l'opération Sokola1, conduite par l'armée congolaise contre les groupes armés dans les territoires de Beni et Lubero.
De son côté, le capitaine Mak Hazukay Mongba, porte-parole de la même opération militaire pour la zone Nord de la province du Nord-Kivu avançait deux évidences en ce qui concerne le recrutement des évadés.
"D'abord la majeure partie de personnes évadées était constituée d'anciens rebelles condamnés pour leur participation à ces mouvements rebelles", précise Mak Hazukay Mongba, avant d'affirmer qu'après l'évasion, d'autres personnes ne pouvaient plus réintégrer les agglomérations.
Les attaques et évasions de prisons sont devenues récurrentes depuis mai 2017, après une évasion spectaculaire à la prison centrale de Makala à Kinshasa, où plus de quatre mille prisonniers s'étaient évadés de ce centre pénitentiaire.
Depuis cette date, l'ONG Fondation Bill Clinton pour les droits de l'homme, basée à Kinshasa a indiqué avoir recensé plus de six milles prisonniers qui se sont évadés suite aux attaques à travers le pays.