Lassaad Ben Ahmed
15 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Quarante manifestants ont été arrêtés, mercredi, dans plusieurs villes de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), en marge d’une manifestation des mouvements de la société civile, contre le calendrier électoral récemment publié, a indiqué à Anadolu l’un des mouvements à l’origine de la mobilisation.
Plusieurs mouvements citoyens appuyés par l’Opposition avaient appelé dès l’annonce du calendrier électoral le 5 novembre, le "peuple congolais" à descendre "dans la rue" pour exiger "le départ de Joseph Kabila" dès le 31 décembre de cette année.
A Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, la Lutte pour le Changement (Lucha), principal mouvement citoyen en RDC a "recensé 15 manifestants arrêtés par la police, dont deux de nos militants", a déclaré à Anadolu Rémy Mungweso, membre de la cellule de communication de Lucha.
A Kasindi dans le territoire de Beni (Nord-Kivu dans l'Est de la RDC), 12 militants ont été arrêtés - alors qu’à Idjwi, dans la province du Sud-Kivu, Lucha a recensé 13 manifestants aux arrêts.
La police n’a pas nié ces arrestations. "Sur toute l’étendue de la province, nous avons verrouillé 16 inciviques dont 8 qui voulaient barricader la route", a déclaré à Anadolu le général Placide Nyembo, chef de la police du Nord-Kivu.
Dans la capitale Kinshasa, où la police a menacé, mardi, de réprimer "sans pitié " ces manifestations, l’appel à manifester s’est mué en journée ville morte, peu suivi dans cette mégapole de quelque 12 millions d’habitants, a constaté le correspondant d’Anadolu.
La circulation était plus fluide dans la matinée, alors que la plupart des magasins et écoles étaient fermées.
A Lubumbashi, principale ville du Sud-est de la RDC, des cas "isolés" ont été enregistrés dans un des quartiers considéré comme "foyer de tension", a indiqué le chef de la police de la province du Haut-Katanga dont Lubumbashi est la capitale, le général Paulin Kyungu.
La Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO) avait exhorté mardi les autorités congolaises à "respecter les libertés fondamentales", "dont la liberté de réunion et de manifestation".
Cet appel à manifester a "superbement été ignoré" par la population qui a fait preuve de "grande maturité" a réagi, lors d'une conférence de presse à Kinshasa le porte-parole de la majorité présidentielle Alain Atundu, appelant le "peuple" à exercer une "vigilance sans faille".
Félix Tshisekedi, chef du "Rassemblement", la principale coalition de l’Opposition a projeté pour le 28 Novembre prochain une "grande marche pacifique mais ferme" et "déterminée" à faire partir Kabila, qu’il a qualifié de "dictateur".