Lassaad Ben Ahmed
13 Mai 2019•Mise à jour: 14 Mai 2019
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le président congolais Félix Tshisekedi a demandé lundi aux nouveaux gouverneurs de province de la République démocratique du Congo (RDC) d'intégrer sa vision dans leurs programmes de gouvernance et d’adopter un comportement "exemplaire" dans la gestion des provinces.
"Vous avez l’obligation d’élaborer vos programmes respectifs en intégrant ma vision qui vise le développement intégral de notre pays. En d’autres termes, l’homme sera au centre de toutes vos actions, dans les différents domaines de la vie", a déclaré le chef d'État congolais lors d'un séminaire avec les 23 gouverneurs, dernièrement élus, à la cité de l'Union africaine (UA) dans la capitale Kinshasa.
"Je compte sur chacun de vous pour qu’à l’issue de mon mandat, nous puissions amener ensemble le changement que j’avais promis au peuple congolais au cours de ma campagne électorale ", a-t-il poursuivi.
La majorité des gouverneurs sont issus du front commun pour le Congo (FCC), coalition de l'ex-président Joseph Kabila.
"Vous êtes les dignes représentants du président de la République dans vos provinces respectives. Ceci vous oblige à adopter dans la gestion de vos entités respectives un comportement exemplaire", a ajouté Tshisekedi sous un ton ferme.
"Les antivaleurs qui minent nos institutions constituent le premier obstacle à tout effort de développement. Je combattrai avec la dernière énergie la corruption, le détournement des deniers publics, le tribalisme, le népotisme, la concussion, le clientélisme, l’incivisme. Le respect des droits humains et libertés fondamentales sera assuré", a insisté le président, au pouvoir depuis le 24 janvier.
Il a décliné sa "vision" autour de 4 axes stratégiques : "l’homme, la croissance économique, la bonne gouvernance et la société solidaire". La coalition de Tshisekedi, le Cap pour le changement (CACH) n'a le contrôle que sur une des 23 provinces où les scrutins ont déjà eu lieu. Des élections auront lieu avant la fin du mois dans trois autres provinces, retardées pour des raisons sécuritaires et sanitaires.
Avant d'être réunis par Tshisekedi, la quasi-majorité de ces gouverneurs avaient déjà été convoqués, début Mai, par Joseph Kabila qui garde, à travers les élus, une mainmise sur la gestion du pays.
L'ex-président avait invité les nouveaux gouverneurs de province, membres de sa plateforme, à travailler en "parfaite collaboration" avec Félix Tshisekedi.
Kabila leur avait également demandé de "rester proches" de la population dans la prise en compte et la résolution de ses problèmes quotidiens.
Élu à l'issue d'un scrutin controversé, Tshisekedi n'a pas de majorité, ni au Sénat ni à l'assemblée nationale, deux chambres contrôlées par la coalition de Kabila.
Plus de trois mois après l’investiture du nouveau président, la RDC continue de fonctionner avec l’ancien gouvernement, dont la tâche se limite à la gestion des affaires courantes.
Conformément à la Constitution, le premier ministre et la quasi majorité des membres du gouvernement seront issus de la coalition majoritaire à l'Assemblée nationale, celle de Kabila.