Nadia Chahed
26 Août 2021•Mise à jour: 26 Août 2021
AA/Pascal Mulegwa
L’avocat de l’opposant rwandais, Paul Rusasebimana, jugé pour terrorisme au Rwanda, a appelé au transfert de son client en Belgique.
Paul Rusesabagina connu pour avoir sauvé la vie d'un millier de personnes lors du génocide des Tutsi en 1994 et dont l'histoire a inspiré le film hollywoodien Hôtel Rwanda, risque la peine à perpétuité pour les accusations de terrorisme et d’apologie de crime portées contre lui par la justice rwandaise qui devait prononcer le jugement le 19 août, avant de reporter le verdict au 20 septembre prochain.
Si l’avocat Vincent Lurquin, demande le transfert de son client c’est parce que la même affaire est instruite depuis 2019 en Belgique , a-t-il déclaré à radio france internationale (RFI).
Lurquin avait été expulsé la semaine dernière du Rwanda par les autorités qui l'accusent d'avoir « enfreint la loi sur l'immigration».
Les autorités rwandaises reprochent à Vincent Lurquin, arrivé dans le pays avec un visa touristique, de s'être présenté vendredi dernier à une audience du tribunal de Kigali vêtu de sa robe d'avocat, alors que « son visa lui permettait de visiter le pays, mais pas de travailler ».
La Belgique n’a pas encore inculpé son client : « l'enquête est toujours en cours, et il est souhaitable que l'instruction se poursuive de façon plus sereine que celle de Kigali », déclare -t-il.
L’ancien hôtelier est jugé à Kigali, depuis février dernier avec une vingtaine d’autres personnes, pour son soutien présumé au Front de libération nationale (FLN), un groupe rebelle accusé d’avoir mené des attaques en 2018 et 2019, qui ont fait neuf morts.
Rusesabagina et ses avocats avaient boycotté les audiences depuis mars, dénonçant un procès « politique » rendu possible par son « enlèvement » organisé par les autorités rwandaises, ainsi que des mauvais traitements en détention. Il avait été arrêté fin août 2020 au Rwanda à sa descente d’avion.
Le cinéaste et opposant vivait en exil depuis 1996 aux Etats-Unis et passait de temps en temps en Belgique. Son arrestation a été considérée par les organisations de défense des droits de l’homme comme un « enlèvement ».