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Dans un pays qui se "retrouve envahi par les déchets en plastique", Aimé Abra, jeune togolaise de 29 ans, a décidé d'agir et mis sur pied un projet de recyclage des sacs en plastique, très utilisés au Togo pour la distribution de l'eau potable.
A travers ce projet qu'elle a baptisé ""Zam Ké" (utilisez moi encore), Abra estime "se rendre utile en servant la protection de l'environnement de son pays et en créant de sources de revenu pour ses semblables".
Abra fait parler d'elle non seulement au Togo mais dans d’autres pays européens, notamment en France, où ses articles, sacs, portes monnaies et autres trousses de toilette, fabriquée à partir des sacs recyclés, sont vendus chez des enseignes locales.
Elle confie à Anadolu avoir eu cette idée, il y a dix ans en marge d'un séminaire tenue au Burkina Faso, sur les activités génératrices de revenu et les femmes africaines.
A son retour au Togo, elle s’est mise à étudier, sérieusement, la faisabilité du projet qu’elle a, effectivement, lancé en 2011, créant deux unités respectivement à Lomé et à Kpalimé (à 120km de Lomé dans le Sud Ouest).
Dans ces deux unités ce sont 10 000 sachets qui sont recyclés chaque jour (soit 300 mille par mois) et 300 articles produits tous les mois.
Des articles qu'elle vend soit sur place ou dans des foires dédiées, se faisant en moyenne des recettes d’environ un million de Fcfa par mois, soit 1635 dollars. Les articles crées étant vendus entre 1600 Fcfa (3dollars) le porte monnaie, 5000 Fcfa (10 dollars) à 20.000fcfa (40 dollars) le sac de voyage et 13000 fcfa (26 dollars) le parapluie.
Grâce à ces recettes, Abra, finance son ONG "Sainte Thérèse de l’enfant Jésus’’ (STEJ TOGO), active dans l’éducation, la protection de l’environnement, l’assainissement et l’accès à l’eau potable.
Par ailleurs, ce projet avec ses deux unités (à Lomé et Kpalimé) offre une cinquantaine de postes d'emploi. Trente femmes sont engagées pour la collecte, le tri et la remise en l'état des sachets en plastique et 22 autres travaillent dans les ateliers à la fabrication des articles, précise Abra notant que selon le nombre de sachets qu'elles collectent, les femmes peuvent avoir des revenus hebdomadaires d'environ 8000 FCFA (16 dollars pour 2000 sachets).
Selon Une source du ministère de l’environnement et des ressources forestières, environ 2 millions de sacs en plastiques sont, chaque jour jetés dans tout le pays.
Un chiffre alarmant et auquel le gouvernement peine à trouver une réponse approprié, souligne-t-il.
Dans un tel contexte, le projet initié par Abra, unique dans son genre au Togo, prend la forme de la solution idéale, jugent certains observateurs.
De son côté, elle dit viser, à travers cette initiative, à impliquer la population et notamment les jeunes afin de les ramener à se mettre au recyclage et d'atteindre ainsi de meilleurs objectifs nationaux.
Elle rappelle à ce propos qu'avec ses 300 mille sachets recyclés mensuellement dans les deux unités, elle demeure loin des objectifs visés dans un pays quotidiennement asphyxié par 2 millions de sachets.