Mohamed Hedi Abidellaoui
24 Janvier 2017•Mise à jour: 25 Janvier 2017
AA/ Desk/ MA
Human Rights Watch (HRW) a dénoncé la dépossession des veuves zimbabwéennes de terrains et biens de leurs maris décédés, appelant le gouvernement à «prendre des mesures urgentes pour protéger ces femmes contre de telles pratiques».
Dans un rapport de 53 pages intitulé « 'You Will Get Nothing':Violations of Property and Inheritance Rights of Widows in Zimbabwe », et rendu public mardi, l’organisation non gouvernementale met en garde contre les répercussions d’une telle pratique. « Les effets de la saisie de propriété sur les veuves sont dévastateurs », a déclaré Bethany Brown, chercheuse auprès de la division Santé et droits humains à Human Rights Watch et auteure du rapport.
« Les femmes auxquelles on a ôté toute propriété évoquent leur situation de sans-abri, leur dénuement et la perte de leurs moyens de subsistance», a-t-elle ajouté.
S’appuyant sur des entretiens menés avec 29 veuves dans les 10 provinces du Zimbabwe entre mai et octobre 2016, le rapport de HRW revient sur les faiblesses et les abus des droits humains affectant les veuves de ce pays.
« En 2013, le Zimbabwe a adopté une nouvelle Constitution qui prévoit l’égalité des droits pour les femmes, y compris en matière de succession et de propriété. Toutefois, dans la pratique, les lois existantes ne s’appliquent qu’aux veuves ayant contracté un mariage officiellement enregistré », lit-on dans le rapport de HRW.
Selon les estimations, la plupart des mariages au Zimbabwe sont menés sous le droit coutumier et ne sont pas enregistrés. Une démarche qui ne protège point des femmes contre la saisie de propriétés par des proches.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime qu’au moins 70 % des femmes vivant dans des zones rurales sont liées par des mariages coutumiers non enregistrés et vivent selon le droit coutumier.
Le Zimbabwe compte environ 587 000 veuves, et la plupart des femmes de plus de 60 ans sont veuves, d’après le recensement de 2012, selon HRW.