AA-Yaoundé- Anne Mireille Nzouankeu
Le représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et chef de bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale (Unoca), Abou Moussa, a jugé préoccupante la situation dans les sites des réfugiés centrafricains au Cameroun.
Le responsable onusien achève samedi son visite au Cameroun débuté le 10 mars.
Abdou Moussa, qui s’est rendu jeudi et vendredi à ces sites, a déploré « une précarité qui atteint le seuil de l’inacceptable », avec des réfugiés, notamment quelque 8792 personnes, installés à Garoua-Boulaï qui sont « exposés aux maladies de toutes sortes », « en dépit des efforts des Nations Unies, des autorités camerounaises et des partenaires divers », a-t-il indiqué vendredi soir lors d’un point de presse à Yaoundé, capitale du Cameroun.
Abou Moussa a appelé à « agir vite pour éviter les épidémies comme le choléra », évoquant « le besoin pressant de construction des points d’eau et des latrines » pour venir en aide « aux centres de santé confrontés entre autres aux cas de malnutrition aiguë et de maladies chroniques » .
Les Nations Unies ont déjà débloqués 10 millions de Dollars dans les sites des réfugiés et aux frontières pour faire face à certaines situations d’urgence, a affirmé Moussa mettant en garde que «dans une semaine, il faudra encore au moins 10 millions de dollars au Programme alimentaire mondial (PAM), au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les refugies (HCR), au Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour remplir efficacement leurs obligations en faveur des réfugiés».
Pour 2014, « seuls 16% des 551 millions de Dollars nécessaires pour mettre en œuvre le plan d’intervention stratégique et répondre aux défis humanitaires posés par le chaos centrafricain ont été débloqués », a déclaré Moussa à la presse.
Abou Moussa a lancé « un appel à la communauté internationale et aux bailleurs de fonds afin qu’ils accordent une attention accrue à cette situation, notamment en finançant davantage l’aide humanitaire ».
Le Cameroun accueille entre 4.000 et 5.000 nouveaux arrivants de Centrafrique chaque semaine, d’après Abou Moussa. Il s’agit à la fois des réfugiés centrafricains et des migrants qui transitent par le Cameroun pour se rendre dans leurs pays respectifs.
Plus de 140.000 personnes ayant fui la République centrafricaine (RCA) ont été recensés au Cameroun par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), a révélé le diplomate onusien. « Plus de 42.000 d’entre eux ont été enregistrés entre le 1er janvier et le 13 mars 2014 »
Cet afflux de réfugiés a plusieurs impacts sécuritaire et économique sur le Cameroun, a estimé, par ailleurs, Abou Moussa qui est aussi le chef du bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale (Unoca).
Au plan sécuritaire le diplomate pense qu’il y a lieu de maintenir la vigilance au niveau des frontières.
A cet effet, il recommande de « renforcer la surveillance dans les différents points d’entrée et dans des endroits non identifiés comme tel pour préserver la paix sociale, garantir l’intégrité physique des citoyens et éviter la circulation incontrôlée des armes ».
Le secteur économique est également touché par la crise centrafricaine du fait de la paralysie des activités des camionneurs qui ne peuvent plus emprunter le corridor Douala-Bangui.
« Le trafic a légèrement repris mais on observe bien que cette situation affecte non seulement les familles qui en vivent mais aussi les recettes de l’État », a indiqué Moussa à la presse.