AA/ Pacôme Pabandji
Plusieurs milliers d’habitants de Bambari, dans le Centre-est de la Centrafrique, ont rejoint les sites de déplacés autour de la ville à la suite des affrontements intercommunautaires de la semaine passée, qui ont fait, dix morts, a indiqué vendredi à Anadolu, Kouassi Lazare Etien., un responsable onusien en RCA.
«Nous sommes extrêmement préoccupés par la montée de la violence à Bambari et son impact sur la population civile. Nos employés ont signalé le déplacement de milliers de personnes complètement effrayées», a indiqué Etien, Représentant du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), ajoutant que l'agence est également préoccupée par le sort de centaines de réfugiés soudanais essentiellement musulmans, «pris au piège dans un camp de réfugiés près de Bambari et sous la menace d'une attaque d'Anti-Balaka (milice chrétienne)».
Ces déplacés sont concentrés essentiellement sur le site de la Cotonnerie situé près de la base des casques bleus déployés dans la ville de Bambari, a appris Anadolu de source locale.
Malgré un déplacement du premier ministre centrafricain, Mahamat Kamoun, à Bambari quelques jours après les violences et dont le but était de rassurer les populations, la tension reste palpable. Les rues de la ville restent sous le contrôle des milices, notamment des Sélékas (à dominante musulmane), selon une habitante jointe par Anadolu.
La présence des casques bleus dans la ville est quant à elle décriée par la population. «Ils ne font absolument rien pour faire cesser les violences et en fin de compte, c’est nous qui subissons», déplore Aristide, déplacé sur le site de la Cotonnerie.
Le HCR tente actuellement de déterminer le nombre total de nouveaux déplacés, estimé à plusieurs milliers de personnes, a indiqué Etien.
La ville de Bambari, relativement calme ces derniers mois, a été de nouveau en proie aux violences à la suite de l’assassinat, jeudi dernier, d’un jeune musulman de 19 ans par des jeunes Anti-Balaka (milice chrétienne). En représailles, des musulmans ont tué à leur tour des chrétiens. Ces violences ont fait une dizaine de morts et plusieurs blessés dont des humanitaires, avait relaté un responsable humanitaire de la ville, joint par Anadolu.
Depuis mars 2013, la RCA s'est vue secouée par un profond conflit intercommunautaire opposant Séléka et anti-Balaka, ayant fait des centaines de morts dans les deux camps et obligé plusieurs musulmans à quitter vers les pays voisins, fuyant les exactions des anti-Balaka.