AA - Paris - Bilal Muftuoglu/ Fatma Esma Arslan
Des centaines de migrants qui vivaient depuis près d'un an dans les tentes en plein milieu de Paris ont commencé à être évacués par la police mardi très tôt le matin.
Les migrants venus en grande partie des pays africains, dont le Soudan, l'Ethiopie, l'Erythrée et la Somalie, peinaient à vivre dans des conditions déplorables, sans aucun accès à l'eau, au chauffage ou aux sanitaires, seulement à deux kilomètres du quartier de l'Opéra et des grandes enseignes de luxe, à l'instar de Galeries Lafayette.
La police a bloqué l'accès dès 6h du matin au Boulevard de la Chapelle où étaient installés les migrants sous le métro aérien et les a dirigés vers des cars qui les emmèneraient aux centres d'hébergement.
Interrogés à deux reprises par Anadolu, mi-mai et peu avant l'évacuation par la police, les migrants se montraient indignés par leur état et l'indifférence des riverains qui traversent tous les jours le camp sans prêter attention à leur drame.
''Nous ne sommes pas des êtres humains?'', s'indigne, Ahmed, un jeune somalien de 25 ans, s'exprimant à Anadolu. Accusant les forces de l'ordre de ''lorgner'' leurs tentes, Ahmed s'interroge sur son avenir à Paris, à commencer par la question de trouver un hébergement dès mardi soir.
Abdullah, un Tunisien qui vivait dans la Gare de Lyon depuis près de 3 mois, avant de s'installer sous le métro aérien la semaine dernière, indique qu'il trouvera tout simplement un autre pont. ''Je n'ai rien à perdre et je n'ai plus peur des policiers'', affirme-t-il.
Cécile, une jeune activiste et photojournaliste qui travaille avec les migrants depuis l'installation du camp avril dernier, accuse la presse française d'hypocrisie pour son traitement du camp de migrants.
Les journalistes rédigent des ''histoires complètement fictives'', selon Cécile, affirmant que les migrants provoquent des rixes ou utilisent des drogues.
''Que voyez-vous ici à part la misère et le désespoir?'', s'interroge-t-elle.
Le nombre des migrants installés sous le métro aérien s'élevait à 400 peu avant le démantèlement, d'après les individus qui ont accepté de livrer leur témoignage à Anadolu.