AA/ Cotonou/ Serge David
La République du Bénin, forte de bien des trésors cachés, œuvre tout feu tout flamme à développer son secteur touristique de manière à en faire un moteur économique de premier choix pour ainsi devenir une destination africaine privilégiée d’ici 2025.
En 2012, date des dernières statistiques, le secteur a enregistré 191.870 arrivées et 968.310 nuitées dans les différents établissements d’hébergement, soit une légère augmentation de 1,24% pour les arrivées et 1,48% pour les nuitées par rapport à l’année 2011, a déclaré à Anadolu Septime Biadja, chef-service statistiques de la Direction du Développement et de la Promotion Touristique (DDPT), rattachée au Ministère béninois de la Culture et du Tourisme.
Ces transactions ont généré au trésor public 47,46 milliards de Francs CFA (90.12 million USD). Au cours de cette même période, le Bénin totalisait 891 établissements hôteliers de divers standings, 520 sites touristiques, 483 attraits touristiques et le secteur employait 10.311 personnes, d’après la même source. Les trois premiers contributeurs à ces transactions sont le Nigéria, la France et le Togo, avec respectivement 25.580, 15.712 et 13.137 arrivées.
Mais, le gouvernement et le reste des parties prenantes envisagent de doter le pays d’une stratégie nationale en vue de doubler le produit intérieur brut du tourisme qui est actuellement de l’ordre de 2,5%, avant 2025.
« Cette stratégie nationale aura pour objectif, non seulement d’accroître et d’améliorer l’offre touristique, mais aussi de renforcer les capacités managériales du secteur. Un grand travail a été entamé dans ce sens», a récemment annoncé Jean Michel Abimbola, ministre béninois de la Culture et du Tourisme, sur la télévision nationale, Ortb.
Le Bénin qui occupe actuellement la « cinquième place dans le classements des pays les plus visités en Afrique subsaharienne » a les moyens de devenir « une destination touristique des plus privilégiées en Afrique », assure M.Biadja.
C’est que le pays bordé par le Nigéria à l’est, le Togo à l’ouest, le Niger au nord et le Burkina Faso au nord-ouest, avec une longue plage de sable fin qui borde l’Océan Atlantique au sud, « regorge d’énormes potentialités touristiques partiellement connues, et peu fréquentées ».
Parmi ces richesses, figurent entre autres entres, la ville de Ouidah au sud du Bénin (ancien comptoir esclavagiste et siège réputé du vodoun en Afrique). Cette ville est considérée comme un lieu réputé où la religion traditionnelle Vodoun (animisme) est très pratiquée et est représentée par 37% de la population. Les Brésiliens, les Cubains, les Antillais y viennent pour se ressourcer parce que leurs ancêtres en seraient originaires.
Il y a également le village lacustre de Ganvié avec ses attraits touristiques ressemblant à ceux de la fameuse Ile italienne « Venise », d’où son appellation « la Venise du Bénin », les signes à ventre rouge de Togbota dans la forêt de la Lama au sud, les mangroves et les salines de Djègbadji.
S’y ajoutent consécutivement la réserve de la Pendjari, la réserve du « W », les cascades de Tanougou, les chutes de kota avec ses beaux paysages, la grande chaîne de l’Atakora, les Tata Soumba (construction de type particulier), les chutes de Koudou. A l’ouest, on ne peut pas omettre de parler de la demeure des hommes à queue de Dogbo, en référence à la légende selon laquelle des hommes avec des queues comme des singes y auraient été découverts il y a plusieurs années à Dogbo, dans le département du Couffo (Sud-ouest). Ce site a été transformé en un lieu touristique avec quelques vestiges de ces hommes spéciaux. Tout visiteur passionné ne peut pas se passer d'une randonnée du côté des baleines de l’Océan Atlantique au sud.
Ce potentiel à la fois riche et varié attire, en plus des Nigérians, des Togolais, des Nigériens et des Guinéens, des Américains, des Français, des Libanais, des Brésiliens, des Cubains et des Antillais, entre autres.