AA/ Antananarivo/ Alain Iloniaina
Madagascar devrait bientôt faire sa mue pour devenir une importante plate-forme d’or noir pour ainsi garantir à son peuple des lendemains radieux, selon le ministre malgache des Mines et du pétrole, Joëli Valérien Lalaharisaina.
Le pays aspire donc à devenir un pays producteur avec la découverte de sités pétroliers, dont le plus important est le projet de Madagascar Oil relatif à l'extraction de pétrole lourd- carburant utilisé dans l'industrie- à Tsimiroro (centre-ouest) qui est à ce jour, le plus avancé. Les réserves de ce site s'élèvent selon la compagnie à 1,7 milliard de barils. Son objectif est d’extraire 10 000 barils par jour à partir de 2018.
Selon l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS), organisme rattaché au ministère des mines et du pétrole, 17 blocs pétroliers on shore production à terre ou un gisement de pétrole à terre) et 6 blocs off shore (production en mer) ont été attribués à 16 compagnies de production.
Selon la même source 260 blocs pétroliers off shore et 40 on shore restent encore à attribuer. Le processus du lancement de l’appel d’offres devrait intervenir après l’adoption du code pétrolier. Une vingtaine de compagnies locales et étrangères ont déjà confirmé leur participation au Salon international des mines et du pétrole de Madagascar qui se tient du 23 au 25 septembre prochain, dans la capitale Antananarivo.
Un rendez-vous professionnel dont se serviront le gouvernement malgache et les autorités compétentes pour mieux « faire connaitre les ressources minérales et pétrolières de Madagascar auprès des investisseurs étrangers afin de les convaincre de s'y établir », a déclaré le ministre Lalaharisaina à Anadolu.
Drainer les investisseurs après des crises politiques qui se sont succédé à Madagascar (1972, 1991-92, 2001-2002 ou 2009), freinant le développement, semble être l'aubaine du gouvernement pour rattraper le retard enregistré dans ce pays, occupant la cinquième place parmi les pays les plus pauvres du monde (PIB 2014;: 11,2 milliards de dollars selon le Fonds Monétaire International).
D’ailleurs, pour une exploitation optimale de ces ressources le département concerné du ministère des Mines et du Pétrole s’attablait à l'étude des moyens les mieux appropriés pour regrouper ces gisements et minimiser ainsi leur coût d'extraction ainsi qu'à l'identification des méthodes d'exploitation à même de préserver les richesses environnementales, fait savoir le ministre.
Les besoins du pays en produits pétroliers s'élèvent à environ 850 000 m3 par an, selon Ravanty Ginette, Chef de service Système d'Information National des Hydrocarbures. En 2014, Madagascar a consommé 843 000m3 de produits pétroliers et cette année, l’Office malgache des Hydrocarbures projette d'en consommer environ 853 000 m3.
Dans ce pays qui n’est toujours pas producteurs de produits pétroliers, les besoins sont entièrement importés des pays du Golfe, en grande partie des Emirats Arabes Unis, selon la même source.
L’exploitation des réserves pétrolières aidera à une relance économique significative du pays pour ainsi améliorer la condition de ses citoyens, note le ministre.
«Les tensions liées aux disparités spatiales sont un défi pour les politiques publiques, en termes de développement régional, d’aménagement du territoire et de décentralisation », dit-il.
La croissance malgache a été faible en 2014 (3 %) mais elle devrait se redresser en 2015 et 2016, grâce à des réformes sur la gouvernance et l’environnement des affaires, et au dynamisme de plusieurs branches dont l’industrie extractive, l’agriculture et le tourisme, d’après la Banque africaine de développement « BAD ».
Des perspectives qui demeurent de l’ordre du possible, quand on apprend que le sol malgache regorge d’autres richesses minières non moins importantes. Fer, Bauxite, terres rares, or, ilménite, cuivre, charbon ou encore nickel et Cobalt, dont les travaux de prospection et d’extraction vont bon train pourraient s’ajouter aux produits pétroliers à extraire pour changer le cours de l’histoire d’une nation.