Mona Saanouni
27 Septembre 2017•Mise à jour: 28 Septembre 2017
AA/Bagdad/Moayed al-Tarafi
Le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi a indiqué, mercredi, que son gouvernement ne négociera absolument pas les résultats du référendum de sécession du District du Nord du pays.
Al-Abadi prononçait un discours au cours d’une session du Parlement irakien qui aboutira à la prise de résolutions concernant le référendum illégitime.
Al-Abadi a déclaré, en présence de certains ministres de son gouvernement, que le gouvernement fédéral à Bagdad «ne négociera absolument pas et avec personne les résultats du référendum».
«Le référendum doit être annulé et le dialogue doit être mené en vertu de la constitution », a-t-il ajouté.
«Le référendum est illégitime et n’aura aucun effet», a-t-il poursuivi, soulignant «qu’Il avait mis en garde contre les répercussions de la crise avec le District et qu’il ne permettra pas de contourner la Constitution».
Al-Abadi a également indiqué que «la priorité consiste à préserver la sécurité des citoyens et nous défendrons le citoyen kurde autant que le turkmène, le chrétien et l’arabe », lançant à ce propos: «Nous défendrons le kurde dans le District et à l’extérieur, toute agression contre un individu kurde est une agression contre nous tous».
«Je m’adresse aux citoyens du Nord de l’Irak, vous êtes des citoyens du premier degré », a-t-il enchaîné.
Le Premier ministre irakien a poursuivi : «Nous imposerons l’autorité de l’Irak dans toutes les régions du District en vertu de la Constitution, et vous le verrez ».
Il a souligné qu’il a informé les dirigeants du District que le gouvernement fédéral prendra «certaines mesures» dès la tenue du référendum, considérant que ’’le discours raciste, nationaliste et chauvin’’ utilisé par les dirigeants du District pour promouvoir le référendum est ‘’un crime contre les citoyens’’.
Il a noté que les aéroports d’Erbil et de Souleimaniye dans le District n’assureront aucun vol à partir de vendredi prochain.
Al-Abadi a affirmé que le gouvernement fédéral imposera la Constitution à toutes les régions dont il a pris le contrôle en 2003 et à la suite de l’entrée de Daech en 2014, et «nous le ferons sans faire couler du sang», revendiquant de rendre les régions qu’il a contrôlées.
«J’ai informé Barzani que nous sommes au sein du même Irak et que nous coopérons. Mais si vous souhaitez vous séparer informez-nous, et ils ont manqué l’accord », a-t-il déclaré.
Al-Abadi a souligné que « les élections (parlementaires) se tiendront à la date prévue (avril 2018) et j’appelle à tenir des élections à Kirkouk (province dans le nord) ».
Le référendum s’est tenu dans le District et dans d’autres régions contestées, lundi dernier, malgré le refus international et régional, et en dépit de l'affirmation de Bagdad que cette mesure est anticonstitutionnelle.