Bilal Müftüoğlu
16 Février 2016•Mise à jour: 17 Février 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La police française a été accusée de négligence par dans sa gestion de l'attentat qui a visé la salle de concert Bataclan le soir du 13 novembre 2015, dans un témoignage livré par les rescapés des attentats et des proches des victimes.
Invités de la commission d'enquête parlementaire sur les moyens mis en œuvre par l'Etat contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015, les rescapés ont reproché à la police de ne pas avoir pris au sérieux l'appel dénonçant la présence des terroristes avant qu'ils aient commis la tuerie faisant 90 morts.
"La personne m'a demandé de parler plus fort", a expliqué Caroline Langlade, vice-présidente de l'association des victimes des attentats du 13 novembre, Life for Paris, et une des rescapées de l'attaque qui a visé Bataclan. Ne pouvant pas parler à haute voix à quelques mètres des terroristes qui ont fait irruption dans la salle de concert, Langlade est alors accusée par la policière de "bloquer la ligne pour une réelle urgence".
"Je ne vois pas ce qu'il y a de plus urgent que 40 personnes qui sont menacées de mort imminente, déplore la rescapée. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas parler plus fort en parlant un peu plus fort. Tout le monde s'est retourné vers moi en disant 'chut!' parce que clairement, je mettais en danger tout le monde. La policière s'est énervée et m'a raccroché au nez en disant tant pis pour vous".
Langlade n'était pourtant pas la seule personne à reprocher la police d'avoir fait preuve de négligence lors de la commission d'enquête. En effet, Georges Salines, président de l'association "le 13 novembre, fratérnité et verité" et père de Lola qui a perdu sa vie dans les attentats, a annoncé avoir appris la mort de sa fille sur Twitter et non pas par les policiers.
Salines a aussi accusé le Premier ministre français Manuel Valls dans son refus de comprendre les mécanismes du "djihadisme", soutenant "expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser". "Je suis le dernier qui penserait à excuser les personnes qui ont tué ma fille ou (les personnes) qui les ont manipulées. Mais il faut comprendre ces mécanismes pour pouvoir lutter", a-t-il martelé.
Alexis Lebrun, un membre de Life for Paris, a déploré pour sa part, le manque de "présence policière" et l'absence de "fouille" à l'entrée de la salle Bataclan, le soir des attentats.