Bilal Müftüoğlu
04 Mars 2016•Mise à jour: 04 Mars 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le plus grand camp de migrants de France, la "Jungle", situé aux alentours de la ville de Calais, a été vidé près de la moitié de sa population en l'espace de cinq mois, a annoncé vendredi le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.
"Il y avait au mois d'octobre 6.000 migrants à Calais, il y en a aujourd'hui 3.800", a souligné Cazeneuve lors de son intervention sur la chaîne d'info BFM TV. La chute de la population est liée à la reconduction des migrants aux nouveaux centres d'accueil, a-t-il soutenu.
Le ministre a par ailleurs abordé la destruction de la partie sud de la "Jungle", qui a commencé en début de la semaine, tout en montrant son soutien à ce projet hautement contesté par les associations de soutien aux migrants. Il a ainsi affirmé que certaines d'entre elles seraient "dans la manipulation" des migrants.
"Il y a à Calais des acteurs, je pense notamment aux no-borders, qui sont dans la manipulation de ces migrants. Je ne peux pas imaginer que l'on arrive à de telles extrémités sans qu'à un moment, il n'y ait pas des acteurs qui instrumentalisent et développent des propagandes néfastes, et qui n'aient rien fait pour éviter ce geste", a-t-il indiqué.
Interrogé par ailleurs sur la fuite des migrants des centres d'accueil, Cazeneuve a précisé que le taux de fuite est de 25% et ne serait ainsi pas "si élevé".
Plusieurs associations de soutien aux migrants avaient lancé un appel courant la semaine pour une série de manifestations en France et en Suisse. Les premières manifestations ont eu mardi soir à Nantes et Place de la République à Paris, suivies de celles du 2 mars à Genève.
Dans l'appel à rassemblement "Calais brûle", soutenu entre autres par des associations telles que la Cimade et Emmaüs, les ONG appellent l'Etat français à "laisser les réfugiés décider par eux-mêmes et leur apporter des solutions".
Les associations avaient également envoyé le mois dernier une lettre ouverte au ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, dénonçant la solution de relocation proposée aux migrants qui seraient plus de 3 000 à rester dans la partie sud de la "Jungle". Ce centre d'accueil provisoire, qui dispose d'une capacité d'accueil de 1 500 personnes, reste "largement sous-dimensionné" et ne respecte pas l'intimité des réfugiés, estiment les associations.