Serap Dogansoy
24 Juillet 2026•Mise à jour: 24 Juillet 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a réclamé ce vendredi la protection et l’évacuation urgente des quelque 6.000 marins bloqués à bord de navires dans le détroit d’Ormuz, en pleine escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran.
Les États, armateurs et autres acteurs concernés doivent garantir aux équipages l’accès aux services consulaires, aux produits essentiels et aux rapatriements, a déclaré à Genève une porte-parole du Haut-Commissariat, Shabia Mantoo.
Selon l’Organisation maritime internationale, environ 400 navires restent immobilisés dans le détroit. Ces marins n’ont pas pu être évacués pendant le cessez-le-feu, dans le cadre d’une opération qui devait permettre le départ de 11.000 membres d’équipage bloqués dans le Golfe.
Ce bilan reste incomplet, de nombreux marins présents sur des embarcations plus petites étant toujours portés disparus ou n’ayant pas encore été localisés, selon le Haut-Commissariat.
Des équipages abandonnés
Au moins neuf navires, transportant 93 marins, auraient été abandonnés par leurs propriétaires depuis le début de la guerre. Certains équipages sont privés de nourriture, d’eau, de carburant, d’électricité, de soins médicaux et de moyens de communiquer avec leurs proches. Des salaires resteraient également impayés.
Le Haut-Commissariat fait état de 17 marins tués depuis le début du conflit. « Les attaques contre des navires civils sont inacceptables et doivent cesser », a déclaré Mme Mantoo, rappelant leur protection par le droit international humanitaire.
Déclenché le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, le conflit a conduit Téhéran à bloquer la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. L’Iran menace les navires qui n’empruntent pas l’itinéraire qu’il a imposé le long de ses côtes, tandis que Washington maintient un blocus des ports iraniens.
Treizième nuit de frappes
L’armée américaine a annoncé vendredi une treizième nuit consécutive de frappes contre des cibles militaires iraniennes, destinées, selon le commandement américain pour le Moyen-Orient, à réduire les menaces des Gardiens de la Révolution contre la marine marchande.
Le quartier général de la marine des Gardiens de la Révolution à Zibakenar, à environ 350 kilomètres de Téhéran, a notamment été touché, endommageant des équipements sans faire de victime, selon les autorités locales citées par l’agence Irna. Des explosions ont également été signalées à Ahvaz, Bandar Abbas et sur l’île de Qeshm.
L’armée iranienne a promis de poursuivre ses « représailles » tant que les attaques américaines continuent, affirmant avoir visé par drones des installations utilisées par les forces américaines au Bahreïn, en Jordanie et au Koweït.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a averti que tout pays participant ou apportant son aide aux opérations américaines engagerait sa responsabilité, Téhéran se réservant le droit d’agir au titre de la légitime défense.
Il a également dénoncé un « précédent incendiaire » après l’annonce de Donald Trump selon laquelle les avoirs iraniens gelés aux États-Unis pourraient servir à indemniser les dégâts causés aux navires et aux cargaisons dans le Golfe.
L’escalade a porté jeudi le Brent à 100,69 dollars le baril, en hausse de 7,04%, avant un léger repli vendredi autour de 100 dollars.
Jeudi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait estimé devant le Conseil de sécurité que la situation devenait « hors de contrôle » et se trouvait « au bord de l’inimaginable », appelant à l’arrêt des combats.