Esma Ben Said
10 Août 2017•Mise à jour: 11 Août 2017
AA/Paris/Zeynep Ciftci
Hamou Benlatreche interpellé par les policiers français mercredi en début d’après-midi, après une cavale de plusieurs heures, est le principal suspect dans l’attaque des militaires de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine, au nord de Paris) qui a eu lieu mercredi matin.
Le suspect, arrêté sur l'autoroute A16 dans le Pas-de-Calais (Nord), est un Algérien de 37 ans, résidant dans les Yvelines, en situation régulière et inconnu des services de police.
L'homme non fiché S, est pourtant soupçonné d'avoir renversé mercredi, six militaires déployés dans le cadre de l'opération Sentinelle à Levallois-Perret, en région parisienne.
Peu après l'attaque, le ministre français de l'intérieur Gérard Collomb, avait indiqué, sur son compte officiel Twitter, qu'il s'agissait d'un "acte délibéré" tandis que la section antiterroriste du parquet de Paris, s'était pour sa part, saisie de l'enquête.
L'auteur des faits, qui avait pris la fuite, a été retrouvé en début d'après-midi sur la commune de Leulinghen-Bernes (Pas-de-Calais) au niveau d’une station Total située sur l’autoroute A16, un individu a été interpellé.
Selon les informations relayées par les médias français, l'interpellation du principal suspect a été "musclée" et plusieurs coups de feu ont été échangés.
Interpellation, durant laquelle un policier a été blessé par une balle perdue. Le conducteur du véhicule, touché par cinq balles, a été évacué.
Il a d'abord été placé en garde à vue avant que celle-ci ne soit levée rapidement afin que des soins lui soient prodigués. Jeudi, Hamou Benlatreche était toujours hospitalisé à Lille, et «pas encore audible» par les policiers, rapporte "Le Figaro".
Qui est Hamou Benlatreche ?
"L'homme interpellé, né en 1980, est susceptible d'être l'auteur" de l'attaque mercredi matin, "car il était à bord du véhicule recherché et a tenté de prendre la fuite", selon une source judiciaire.
Un important dispositif policier avait alors été déployé pour l’intercepter alors qu’il roulait en direction de la frontière belge. Soit plus de 300 hommes, dont deux brigades de recherche et d’intervention (BRI), celles de Rouen et de Lille parties en chasse, des CRS autoroutiers pour le suivre tout au long de son cheminement, ainsi que des effectifs de la sécurité publique du Pas-de-Calais.
D'origine algérienne et régularisée en France, Benlatreche, qui occupe un emploi qualifié de "stable et déclaré" de chauffeur de VTC, s'avère être un grand inconnu des services de renseignements alors que son dossier dans les archives de la police est fort de seulement quelques antécédents judiciaires de petite délinquance, et notamment une infraction à la législation sur les étrangers (ILE) en 2009, évoque une source proche de l'affaire.
Habitant Bezons (Val-d'Oise), dans un secteur limitrophe de Sartrouville (Yvelines) où une perquisition a eu lieu, ces intentions sont, pour l'heure, non déterminées par les enquêteurs à la chasse d'informations.
Non fiché S, la préfecture des Hauts-de-Seine a toutefois évoqué un «acte a priori volontaire» alors que le parquet de Paris s’est saisi des faits et a ouvert une enquête en flagrance pour «tentatives d’assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique en lien avec une entreprise terroriste».
Selon Gérard Collomb, c'est la "sixième fois" que des militaires de l'opération Sentinelle, qui mobilise 7000 soldats en permanence sur le territoire de l'Hexagone depuis les attentats de 2015, sont pris pour cible.