Feiza Ben Mohamed
19 Mai 2026•Mise à jour: 19 Mai 2026
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a estimé ce mardi dans un entretien accordé à BFMTV, que la hausse des prix des carburants pourrait s’inscrire dans la durée, malgré une éventuelle accalmie sur le marché pétrolier international.
Interrogé sur les conséquences économiques de la crise actuelle et des tensions autour du détroit d’Ormuz, le ministre a averti que les effets sur les prix à la pompe ne disparaîtraient pas immédiatement. « La crise va durer, parce qu’on sait que même si on ouvre le détroit d’Ormuz demain, ça prendra du temps avant que les paquebots, les tankers, arrivent sur nos côtes », a déclaré Roland Lescure lors d’un entretien accordé à BFMTV.
Le ministre a rappelé l’évolution rapide des prix du gazole depuis le début des tensions. « Ça va sans doute rester élevé : on était à 1,70 € sur le gazole avant la crise, on est monté jusqu’à 2,20 €, aujourd’hui on est à peu près à 2,15 € », a-t-il expliqué.
Tout en reconnaissant l’incertitude qui demeure sur l’évolution future des tarifs, Roland Lescure a assuré que toute baisse du cours du pétrole devrait logiquement se répercuter sur les consommateurs. « Il est probable que ça reste élevé mais évidemment de la même manière que ça a monté vite à la pompe, si le pétrole baisse, moi je m’attends à ce que l’essence baisse à la pompe également », a-t-il affirmé.
Le ministre s’est toutefois montré prudent sur les perspectives à plus long terme concernant le prix du carburant après la crise. « Est-ce qu’il se stabilisera après la crise à 1,80 € ou 1,90 € ? Je n’en sais rien », a conclu Roland Lescure.
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est l’un des axes maritimes les plus stratégiques au monde pour le transport du pétrole. Environ 20 % du pétrole mondial y transite chaque jour. Les tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient provoquées par la guerre initiée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, et les menaces pesant sur la circulation des navires dans cette zone suscitent de fortes inquiétudes sur les marchés énergétiques, entraînant une hausse rapide des cours du brut et, par ricochet, des prix des carburants à la pompe.