Bilal Müftüoğlu
21 Septembre 2015•Mise à jour: 21 Septembre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La Société nationale de chemin de fer (SNCF) en France, a été condamnée lundi par le Conseil des Prud'hommes de Paris pour discrimination envers ses cheminots de nationalité ou d'origine marocaine.
Saisi par 832 cheminots venus du Maroc dans le cadre de la convention entre la société française et le royaume marocain dans les années 1970, le Conseil a estimé qu'ils ont subi une "discrimination dans l'exécution du contrat de travail" et "dans les droits à la retraite", notamment face à leurs collègues français.
La SNCF versera ainsi 200 000 euros de dommages et intérêts en moyenne à chacun de ces cheminots, a précisé leur avocate, Clélie de Lesquen, citée par la presse française. Les cheminots réclamaient pourtant 400 000 euros en moyenne, faisant un total de 350 millions d'euros de réparation, plus de la moitié du bénéfice de la SNCF en 2014.
Les employés marocains, embauchés dans les années 1970 avec un contrat à durée indéterminée de droit privé, étaient exclus des droits et des bénéfices auxquels avaient accès les cheminots français. Seuls les ressortissants français, et plus récemment les citoyens de l'Union européenne (UE), peuvent accéder au statut, selon la réglementation de la compagnie de chemin de fer.
Pourtant, même les cheminots marocains, ayant été naturalisés au cours de leur séjour en France, estiment avoir subi une discrimination professionnelle, dès lors que la SNCF n'a pas reconnu leur ancienneté au moment où ils ont accédé au statut.
"Je ne sais pas si on peut parler de racisme. Mais il y a eu inégalité de traitement. A travail égal, le salaire doit être égal. Là, les dirigeants de la SNCF ont fait des économies sur leur dos", avait-noté l'avocate lors du dépôt du dossier.