Alaattin Doğru,Tuncay Çakmak
21 Octobre 2020•Mise à jour: 21 Octobre 2020
AA / Ankara
En France, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré qu'il était gêné par la présence de rayons spécialisés de produits alimentaires "communautaires" dans les supermarchés du pays, estimant que "le communautarisme commence comme ça".
Ce discours du ministre de l’Intérieur a suscité de nombreuses réactions et indignations sur les réseaux sociaux, relevant le fait qu’il vise particulièrement les "rayons halal", même s’il ne l’a pas dit ouvertement.
Commentant les déclarations de Darmanin à la chaîne de télévision BFM, un utilisateur a commenté de manière ironique que "pour éviter le communautarisme, la pizza italienne, les sushis japonais, les pâtes chinoises et le kebab turc ne devraient pas être consommés, mais que seuls le fromage et les plats français devraient être mangés".
- "Les mangeurs halal seront assimilés à des terroristes"
Pour un autre utilisateur, qui a déclaré qu'il voulait se moquer de l'agacement du ministre de l'Intérieur, tout en affirmant que le fond de l’histoire est pire que ce qui se voit en apparence, la vraie discrimination est cachée dans le fait que Darmanin soit dérangé par les rayons de nourriture halal, alors qu’il considère qu’il est "normal" d’aller dans des restaurants casher ou halal.
Pour de nombreux internautes, la prochaine étape du gouvernement en France sera "d'assimiler consommateurs de halal et terroristes".
Dans le même temps, les tags #DarmaninDemission et #halal, qui exigeaient la démission du ministre de l'Intérieur, se sont classés en tête sur Twitter (Trend Topic / TT) en France.
- Une organisation juive réagit à l'oppression contre les musulmans
D'autre part, l'Union juive française pour la paix (UJFP) a souligné que l'administration française a utilisé des fanatiques non religieux pour légitimer le racisme perpétré par l'État.
Dans une déclaration de l'UJFP rappelle que l'assassinat d'un enseignant a bouleversé tout le monde, "mais le gouvernement a exploité sans vergogne cet incident".
Dans le communiqué, il est noté que le gouvernement, qui a nié l'existence du racisme et de l'islamophobie d'Etat dans le passé, voulait interdire la lutte contre l'islamophobie en attaquant les associations musulmanes, dont le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF).
Dans sa déclaration, l’UJFP estime que "le véritable séparatisme consiste à créer de la rancune contre certains groupes de notre société simplement parce qu'ils sont musulmans."
- L’assassinat d’un enseignant :
Dans une déclaration faite après que l'enseignant ait été retrouvé mort le 16 octobre, le président français a qualifié l'incident d '"attaque terroriste islamiste".
Vendredi dernier, peu après 17 heures (heures locale), un professeur d’histoire a été littéralement décapité en pleine rue par un homme, abattu quelques instants plus tard par les premiers policiers intervenus.
Il aurait présenté récemment à ses élèves, des caricatures du prophète Mohamed.
Le parquet national antiterroriste s’est saisi des investigations sous la qualification "d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".
L’auteur présumé des faits, est un homme d’origine tchétchène.