Mourad Belhaj
21 Octobre 2020•Mise à jour: 21 Octobre 2020
AA / Ramallah
La Banque mondiale estime que l'économie palestinienne devrait connaître une contraction de 8 % en 2020, sous l'impact des crises de la pandémie de coronavirus et de l'interruption du transfert des recettes douanières en provenance d'Israël, et d'un ralentissement économique amorcé en 2019.
La Banque mondiale a déclaré dans son dernier rapport, publié mardi soir : "Après trois années consécutives de croissance économique inférieure à 2 %, l'année 2020 s'avère très difficile, car l'économie palestinienne est confrontée à trois crises qui se répercutent les unes sur les autres".
Les trois crises, selon la Banque mondiale, sont "l'apparition de la pandémie de coronavirus, un grave ralentissement économique, et une nouvelle confrontation politique entre l'Autorité palestinienne et le gouvernement israélien, qui a perturbé le transfert des recettes douanières".
Selon le rapport, l'économie palestinienne s'est contractée de 4, 9 % au cours du deuxième trimestre (par rapport au trimestre précédent), et de 3,9 % sur une base annuelle.
L'économie locale va renouer avec la croissance, mais à un rythme assez lent ne dépassant pas 2,3 % en 2021 et 2,4 % en 2022, avec l'impact persistant des difficultés financières et économiques à court et moyen terme.
Le rapport des Nations unies ajoute : "Bien que le bouclage n'ait affecté qu'un mois au premier trimestre 2020, le déclin de l'activité économique a été rapide et généralisé".
Et de poursuivre : "Toutes les composantes du PIB ont enregistré un recul avec la baisse de la consommation, des investissements en capitaux et des exportations, et la pression financière sur l'Autorité a augmenté en raison de l'apparition de l'épidémie de coronavirus, et de la décision de mettre fin à la coordination avec le gouvernement israélien, ce qui a entraîné une nouvelle suspension des recettes douanières".
Le gouvernement palestinien a été en mesure de réduire ses dépenses globales au cours du premier semestre de cette année, malgré l'augmentation des dépenses médicales et sociales pour faire face à la pandémie.
La hausse des prix à la consommation était modeste avant le déclenchement de la pandémie, les prix évoluant généralement entre 1 et 2 % ; depuis avril dernier, la hausse des prix a fait place à la déflation.
S'agissant de l'emploi, le rapport ajoute que 121 000 personnes ont perdu leur emploi au cours du deuxième trimestre, avec la survenue de la pandémie, dont 96 000 emplois liés directement à l'économie palestinienne, en particulier dans les secteurs du tourisme et de la construction, alors que 25 000 autres emplois liés à l'économie israélienne ont également été perdus.
*Traduit de l'Arabe par Hend Abdessamad