Bilal Müftüoğlu
21 Février 2017•Mise à jour: 22 Février 2017
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les candidats à l'élection présidentielle française ont dévoilé mardi leurs programmes électoraux pour le système de santé et la protection sociale à deux mois du scrutin du printemps prochain.
Réunis à Paris dans le cadre d'une conférence organisée par la Mutualité française au Palais Brongniart, les principaux candidats à la présidentielle, à l'exception de Marine Le Pen, ont présenté l'un après l'autre les réformes qu'ils prévoient pour le système de santé lors du prochain quinquennat.
Premier invité de la conférence, Emmanuel Macron, candidat du mouvement "En Marche", a proposé d'améliorer l'organisation des soins, tout en promettant d'investir 5 milliards d'euros dans les hôpitaux.
"Nous devons aujourd'hui améliorer l'organisation de l'hôpital en le décloisonnant", a martelé l'ancien ministre de l'Economie, estimant que l'hôpital, "pilier de notre système de santé", "coûte très cher" à l'Etat.
Macron a ainsi suggéré une réorganisation des soins proposés afin d'éviter que tout le monde "converge" vers les hôpitaux, en particulier les personnes âgées. "Il faut un système où les gens restent le moins possible à l'hôpital avec la mise en place des maisons de santé. Cela permet de sortir d'un environnement très coûteux de l'hôpital vers un environnement médicalisé mais moins lourd", a-t-il préconisé.
Les cinq milliards d'euros que Macron prévoit d'accorder aux hôpitaux favoriseraient l'innovation technique médicale. Investir pourrait surtout relever le défi de dépendance, a affirmé le candidat à la présidentielle.
Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste (PS), a plaidé de son côté pour des politiques de prévention avec pour but de "construire une politique de bonne santé et de bien être".
"Il faut adapter nos politiques de santé à un monde de maladies chroniques en concentrant les efforts sur la prévention (...) Sur l’éducation à la santé, je poursuivrai le travail sur le Parcours éducatif de santé, pour plus de prévention", a noté Hamon.
Le candidat socialiste a également abordé la nécessité de revoir la politique agricole, qui passerait par la réduction des pesticides et une alimentation de qualité, dans le cadre d'une action globale pour la santé.
Hamon est par ailleurs revenu sur l'accès aux soins, se disant prêt pour une "renégociation des prix des médicaments" afin de faire baisser les prix des médicaments coûteux.
Le candidat de la droite François Fillon, vivement critiqué pour son programme initial pour la santé jugé trop libéral, a présenté un plan nettement modifié, qui n'inclut plus la restriction de l'assurance publique universelle au profit de l'assurance privée.
"Il n'est pas question de toucher à l'assurance maladie et encore moins de la privatiser, ni même de baisser son taux d'intervention", a-t-il ainsi martelé.
"Mon projet Santé est un projet de modernisation et de régulation concertée, un projet qui fait confiance aux acteurs", s'est-il défendu.